Merci de désactiver votre bloqueur de publicité celle-ci ne sont pas gênantes et finance en partie le site internet.
Mise a jour terminé Nous somme le Jeudi 22 février 2018

Devenir Premium
Ex : Tomb raider, League of legend



POKKÉN TOURNAMENT


 

Tags : WiiU, Combat
Ce test de POKKÉN TOURNAMENT a été réalisé à partir d'une version éditeur.
Qualité du test pour ce jeux : 

Cela fait vingt ans tassés qu'on étouffe l'affaire. Que personne ne moufte. Que nul ne s'en indigne en 140 caractères sous couvert d'anonymat. Malgré leur sourire jusqu'aux oreilles (chez ceux qui en sont pourvus) et leurs noms à tiroir que même notre générateur de jeux de mots n'aurait su inventer, les Pokémon cachent au fond d'eux de vrais psychopathes, toujours prêts à s'écharper à coups de griffe, à s'électrocuter dans le dos, quand il ne s'agit pas de regarder l'adversaire agoniser sous l'effet des toxines. Jusque-là, on se contentait le plus souvent de donner des ordres en respectant le tour par tour. Mais avec Pokkén Tournament, il est grand temps de descendre dans l'arène pour régler les différends à la baston. Ca tombe bien, ce sont les promoteurs de Tekken qui sont chargés d'engrainer les petits...



ON VA POKKÉN CE SOIR

br>
Au lieu d'opter pour la solution de facilité en bricolant un simili Smash Bros., série où les monstres de poche sont indispensables au casting, la Pokemon Company est donc allé frapper à la porte des spécialistes, en l'occurrence les équipes de Tekken, pour plancher sur le sujet. L'objectif avoué : réaliser le grand écart facial entre jeune public, fans de baston et joueurs occasionnels un brin nostalgiques. On a beaucoup taillé la manette bizarre qui équipait les bornes au Japon (voir ci-contre). On a relaté le flop retentissant du jeu en arcade où les parties pouvaient s'éterniser au grand désespoir des gérants de salle. On s'est surtout étonné de la présence du jeu à l'Evo, l'alpha et l'omega des tournois de jeux de baston pour une communauté qui a déjà parfois du mal à tolérer Smash dans son giron. Il y aura même un championnat international avec 100.000 dollars de récompense. Bref, Pokkén Tournament a de grandes aspirations pour la compèt', comme les jeux sérieux dont il s'inspire. Encore faut-il que le gameplay tienne vraiment la route.

Ni la motivation, ni le temps (ou le niveau) ne nous permettront de creuser à fond ce Pokkén Tournament en vue de l'Evo, mais quitte à se planquer un peu, disons que le système est aussi intrigant que perturbant. En schématisant, il faut s'imaginer un croisement entre des déplacements vaguement libres à la Naruto Ninja Storm pour les phases d'approche, dites "de terrain", et des phases de duel sur un axe "à la Tekken". Dans la première on spam les projectiles en tournant autour de son adversaire, dans la suivante on essaie de placer un combo pour lui siffler la barre de vie au lieu de la grignoter. L'alternance entre les phases n'est pas liée à la proximité des deux adversaires : seuls certains types d'attaque ou certaines phases feront basculer les joueurs dans l'une ou l'autre, ce qui a longtemps tendance à créer une certaine confusion, au détriment du rythme des matchs. Bien entendu, la plupart des coups diffèrent suivant le mode de combat, et les possibilités d'enchaînement sont relativement réduites en phase d'approche, même si certains Pokémon comme Lugulabre se spécialisent dans l'arrosage à distance. La configuration de l'arène peut également avoir une incidence : plus les murs sont proches, plus il y aura d'opportunités d'enchaînement (à la Tekken, là encore) jusqu'au prochain "changement de phase".



DANSE LE CARCHACROK



Avant même de parler combos ou tier list, il faudra donc appréhender cette philosophie étrange, pour ne pas dire contre-intuitive, même après avoir balayé un minimum les strates du didacticiel. Ou alors on emploiera la méthode des petits cousins en mitraillant les coups faibles du "Pokécombo" jusqu'à ce KO s'ensuive, ce qui n'est pas très glorieux. Pokkén Tournament #vautmieuxqueca, comme en attestent les timings parfois serrés des listes de combo individuelles, où certains cancels et sauts dans le dos se jouent au poil de Cupcanaille. La mécanique pierre, ciseaux, papier - pardon, "normaux, chopes, contres" - a déjà fait ses preuves dans tout bon jeu de combat ; c'est encore le cas ici, même si on finit vite par en voir les limites. Quand le jeu passe en phases de duel, le gameplay demande un minimum d'anticipation, d'autant plus qu'il est relativement simple de placer les attaques spéciales derrière un début d'enchaînement (L+R après transformation). Les chopes font d'ailleurs extrêmement mal, au point de favoriser clairement les persos de type "puissants" qui peuvent tuer en trois, quatre assauts. Les plus tenaces prendront toujours le temps de varier les Pokémon de soutien entre les rounds pour bénéficier de boosts temporaires (vitesse, puissance, soin) ou d'attaques à distance, comme vous y invite la commentatrice en temps réel. Les autres passeront vite fait dans les options pour réduire la fréquence de ses interventions ; qu'elle parle anglais ou japonais, la pauvre Nia devient assez vite crispante.

Le potentiel est donc là, même si le jeu ne fait rien pour donner envie de l'exploiter. Pas assez limpide pour les débutants, un peu trop rigide pour les pros, pas assez attrayant pour les fans de Pokémon faute d'un casting suffisamment étendu (une quinzaine de persos tout au plus), Pokkén aura du mal à convaincre sur les trois tableaux. Seule sa laideur fera l'unanimité. Que ce soit sur la télé ou déporté sur le GamePad, les graphismes sont résolument immondes, une espèce de bouillabaisse où se noient les Pokémon derrière une interface déjà bien surchargée. A part les ombres plutôt travaillées, les décors comme les personnages sont incroyablement flous, comme si un vilain ophtalmo s'était amusé à sous-corriger votre myopie. Un rendu dégueulasse, à l'image des décors souvent vides, dans tous les cas mal dégrossis, avec une ménagerie de Pokémon tellement vaporeux qu'on dirait des contrefaçons refourguées en brocante. Les effets des super attaques comme leurs transitions sont souvent ratés, la faute à des couleurs criardes et des enchevêtrements de polygones qui vous sortent illico du trip. Dommage, car la patte artistique du character design donnait un peu plus de modernité à l'univers. Et puis, comme dans tout bon jeu de baston festif, les fans apprécieront les clins d'oeil à l'univers dans les environnements. Rien qui ne suffise à faire oublier cette technique qu'on qualifiera pudiquement de ringarde.



T'AS PAS DE POKKÉN



Au moins, on ne pourra pas à reprocher à Pokkén Tournament l'absence de mode solo (suivez le regard) même s'il ne faut pas s'attendre à une originalité délirante. Disons qu'entre trois séries de matchs de la "Ligue Ferrum", le jeu s'amusera à ponctuer le scénario de cut-scenes mettant en scène une "jeune fille à capuche" en lien avec Shadow Mewtwo, pour des combats méchamment déséquilibrés qu'il faudra escroquer en spammant les projectiles et les chopes (notre méthode, en tout cas). Le reste du temps, il faudra se fader des séries de cinq matchs jusqu'à progresser suffisamment haut pour intégrer le top 8, ce qui ouvrira la porte à un dernier tournoi. En cas de victoire, le dresseur se lancera dans un unique match de promotion censé offrir un avant-goût de la difficulté supérieure, même si le niveau assez aléatoire de l'IA ne garantit rien question challenge. Suivant le Pokémon, l'IA est capable de vous aligner du 12 hit sans ciller, notamment avec Dimoret, ou vous placer des contres fracassants avec Mackogneur, avant de s'éteindre totalement les rounds suivants.

Si l'on ajoute la surcouche de temps de chargement et de validations à chaque match (il faut sans arrêt choisir ses assists), l'impossibilité de revenir en arrière pour interrompre une session (le jeu réinitialise les combats ou les tableaux du tournoi) et le côté aléatoire de la difficulté qui peut vous sanctionner en cas de finale perdue pour repartir depuis les quarts, la progression est donc le plus souvent monotone. Il faudra donc se tourner vers le versus et le mode en ligne pour un peu plus de répondant et justifier les achats cosmétiques en Pokébrouzoufs complètement démesurés de la boutique in-game (pas de microtransactions, ouf). Côté local, l'angle de vision particulier signifie qu'à moins de passer par l'activation tout sauf limpide du mode LAN (pour les tournois eSport), l'un des deux joueurs suivra l'action depuis son GamePad, la vitesse d'affichage étant alors divisée par deux... Le online se contente dans les faits d'options basiques, avec matchs classés / matchs amicaux, mot de passe à l'entrée et pénalités en cas de déconnexions. Rien qui ne sorte de l'ordinaire, même s'il sera possible de faire le plein de points d'XP y compris dans ce mode, au risque qui sait de créer un semblant de déséquilibre entre des Pokémon déjà boostés et ceux qui repartiraient de zéro.


On oubliera vite Pokkén Tournament, dont le potentiel est gâché par une technique à la ramasse et une superposition de gameplays tout sauf limpide. On a rarement vu un jeu Wii U plus flou que celui-là, comme une sorte de simulateur de myopie chez les Pokémon, un souci de finition qui contraste avec l'interface nickel chrome au premier plan. Avec son alternance de phases de jeu, tantôt Naruto sans le casting, tantôt Tekken sans la panoplie de coups, les combats manquent assez vite de rythme et de variété. Les fans de jeux de baston chercheront peut-être à exploiter les assistances pour mettre en place leur plan de jeu, et à maîtriser les quelques combos parfois assez pointilleux question timing, preuve que ce Pokémon a quand même un semblant de moelle. Mais entre le solo répétitif, les matchs hachés par les innombrables validations et les soucis techniques, l'expérience risque de tourner vite en rond comme un Pikachu en cage.


5

MOYEN


Les plus

  • Les animations soignées
  • Des furies assez cools
  • Aucun souci de prise en main
  • Moins enfantin qu'il n'y paraît

Les moins

  • Le rythme étrange des combats
  • Les temps de chargement entre les matchs
  • La violence des chopeurs
  • Interfaces surchargées
  • Les personnages hyper flous
  • Les décors souvent moches
  • Il manquera forcément vos Pokémon favoris


  • Genre : Combat
  • Éditeur : Nintendo
  • Développeur : Bandai Namco Games
  • Univers, suites : Pokémon
  • Disponible
  • 18 mars 2016 (France)
  • 18 mars 2016 (États-Unis)
  • 18 mars 2016 (Japon)
  • Multijoueur
18 ans et plus