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Mise a jour terminé Nous somme le Jeudi 22 février 2018

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Ex : Tomb raider, League of legend



TRACKMANIA TURBO


 

Tags : PS4, Course
Ce test de TRACKMANIA TURBO a été réalisé à partir d'une version éditeur.
Qualité du test pour ce jeux : 

C’est dans l’ordre des choses. Le jeu vidéo prend de la bouteille, nous aussi par la même occasion, et il est de plus en plus courant de célébrer le vingtième anniversaire de telle ou telle série. Un rapide sondage de notre mémoire (Wikipedia) indique que le tout premier épisode de TrackMania est sorti il y a déjà treize ans. Prenons un court instant pour saluer la série, qui s’est illustrée par la précision diabolique de son gameplay, son principe limpide et quelques brillantes idées pour faire vivre sa communauté. Les années n’auront cependant pas épargné la série française, éclaboussée par l’échec de ShootMania et l’incompréhension qui entoure le fonctionnement du logiciel Mania Planet. Il est temps de tourner la page pour Nadeo, et d’attirer au sein du groupe de maniaques du chrono et de belles courbes un tout nouveau public, installé bien confortablement dans son canapé. Inscrit au patrimoine mondial comme un genre en voie de disparition, le jeu de course arcade accueille avec Trackmania Turbo ce que Georges aurait appelé un nouvel espoir.



RESTEZ DANS UN STAND, ET ÉCOUTEZ MOI



Pour remettre tout le monde à niveau en quelques lignes, nous sommes ici en présence d’un jeu de course contre la montre avec, comme le veut la tradition, un gameplay simple à prendre en main et demandant un investissement massif pour être maîtrisé. Un point de départ et d’arrivée, quelques checkpoints en cours de route pour les temps intermédiaires et c’est tout. Au lieu de laisser au joueur le soin de personnaliser sa voiture et d’améliorer ses performances, toutes les caisses sont identiques, la conduite étant liée à ce qu’on appelle un environnement. A la manière d’un biome dans un bac à sable, chaque lieu dispose de ses propres règles, son propre style de pilotage et ses blocs de piste spécifiques. La seule règle qui vaille : enfoncer les lois de la physique dans la boue, les courses pouvant contenir des sauts, loopings et autres wallrides pour notre plus grand plaisir. Et pour motiver tout le monde à se retrousser les manches pour travailler inlassablement chaque centimètre d’asphalte, le jeu propose un classement mondial histoire d’entretenir un esprit de compétition bon enfant. Voilà en quelques mots le principe de TrackMania, qui ne s'embarrasse que de deux touches à retenir, une pour accélérer, et une autre pour accélérer moins fort, qu’on appellera vulgairement "le frein".

La renommée de la série s’est forgée à force de nouvelles versions, de nouveaux moteurs et surtout d’une version gratuite appelée Nations, sortie à une époque ou TrackMania était l’un des rares jeux avec une scène eSport aussi développée. Comme souvent, l’équipe française était en avance sur son temps, en proposant avant l’explosion de Twitch des outils pour créer ses propres circuits et modes de jeux, et même des machinima à uploader sur le YouTube d’avant-Squeezie. Ce cruel manque de timing a un temps donné des ailes au studio, capable d’annoncer le même jour un FPS compétitif, un nouveau Trackmania et même un jeu de rôle tombé depuis dans l’oubli. La sortie de TrackMania² sur PC n’a pas été des plus simples, le jeu étant morcelé en plusieurs fragments vendus séparément, sans qu’il soit permis aux fans de jouer ensemble dans des environnements différents. Pour ne rien arranger, le logiciel Mania Planet n'a jamais brillé pas par son ergonomie, et les Formule 1 de Stadium se sont même retrouvées payantes après avoir été proposées gracieusement durant plusieurs années. Tout ça pour dire que cet épisode présenté comme un simple spin off pour consoles sortira finalement sur PC avec trois environnements déjà existants sur les quatre proposés ici ; le dernier sera même vendu plus tard dans Mania Planet. Un lourd passif trimbalé par le petit dernier, qui laissera forcément quelques marques en bout de piste.



J’VOULAIS JUSTE BRILLER, J’VOULAIS JUSTE BRILLER



Inutile de tourner autour du pot, le gameplay de Trackmania est un brillant modèle de précision, de fun mais aussi de frustration. Le doigt crispé sur la touche pour recommencer, vous voici libre d’engloutir des centaines d’heures à lutter sang et eau pour gagner quelques centièmes de secondes. Avant d’en arriver à cette obsession du chrono, Nadeo vous propose de vous faire les dents sur pas moins de deux cents circuits originaux, bien rangés selon leur environnement et leur difficulté. Cette étape peut être assez fastidieuse, mais elle est essentielle pour s’entraîner et découvrir tout le potentiel de chaque environnement. En sa qualité de nouveau venu, Rollercoaster Lagoon apporte pas mal de fraîcheur à l’ensemble, en grande partie avec ses pistes magnétiques pour faire des loopings à l’envers. Et pour soigner un peu tout ça, on note même le retour d’éléments issus des vénérables Sunrise et Original, saupoudrés discrètement dans Canyon et Valley. L’oeil averti reconnaîtra dans cette sélection de quatre environnements un mélange très cohérent, avec des styles de pilotage complémentaires qui ne devraient pas vous lasser de sitôt.

Enfin tout dépend de votre manière de consommer la campagne solo, dont le rythme aurait sûrement gagné en supprimant à la louche quelques dizaines de courses. Il n’est pas dans nos habitudes de déplorer la surenchère de contenu, mais il faut tout de même se farcir une voire deux séries avant d’attaquer les choses sérieuses. Laisser aux novices le choix de progresser pas à pas, tout en donnant un passe-droit aux vétérans, aurait été peut-être plus judicieux. Pour tenir tout le monde éveillé, on peut choisir à chaque début de course de se confronter aux différentes médailles, ou bien aux chronos de votre liste d’amis, voire du monde entier. La compétition est au coeur du jeu, comme le prouve le classement global, qui vous demandera de renseigner votre pays, votre région et votre département. Pas sûr que vous puissiez brandir fièrement votre présence au top 10 de la Seine St Denis sur un CV, mais savoir que vous êtes meilleurs que quelques centaines de milliers de joueurs peut avoir quelque chose de grisant.



#TEAMJOEBAR



Après quelques minutes ou dizaines d’heures à vous entraîner en solitaire, vous pourrez vous confronter au monde entier sur le mode en ligne et ses serveurs aux noms fleuris. Qu’il s’agisse d’un petit groupe de quelques joueurs ou d’une centaine de furieux, chaque course en ligne influencera votre classement mondial. En plus du mode Time Attack classique où tous les pilotes disposent d’un temps limité pour réaliser le meilleur temps possible, les modes courses, tournois ou stunt sont toujours de la partie. Premier écueil dans l’ergonomie de Turbo, l’absence d’une légende pour indiquer à quelle icône correspond tel mode. Il faudra donc apprendre par soi-même ce genre d’informations. Dans la même idée, le mode en local peut accueillir jusqu’à quatre joueurs en écran partagé et une dizaine en mode hot seat, mais pour une raison qui nous échappe toujours, Nadeo a choisi de mettre les modes les plus funs derrière des cheat codes. Pour accéder aux modes activant les collisions entre les véhicules, l'apparition de power ups façon Mario Kart ou les barres de turbo à utiliser librement, il faudra entrer une combinaison de trois touches un peu au pif. Plutôt que de mettre en avant ses bonnes idées, le studio préfère les masquer et compter sur la curiosité des joueurs affalés dans leur canapé. Pas sûr que ce ne soit pas une fausse bonne idée.

Dans la liste des nouveautés largement mise en avant lors des différentes présentations du jeu, le mode double driver fait effectivement partie des belles réussites. Le principe ? Coller deux joueurs au volant d’un même véhicule, la bagnole faisant la moyenne des commandes du duo avant de choisir la direction à prendre. Que vous cherchiez à vous synchroniser ou que vous souhaitiez à tout prix envoyer le bolide dans le décor, voici une belle idée, qui plus est valable pour l'ensemble de la campagne. La plupart des modes multi en local proposent aussi l’option, de sorte qu’on puisse constituer deux équipes de deux joueurs pour s’affronter sur l’écran partagé. Et pour en finir avec la rigolade entre amis, le jeu embarque un générateur automatique de niveaux et bien sûr son célèbre éditeur de piste, adapté pour la console mais il faut bien le dire moins riche que son alter-ego sur PC. La création de pistes reste tout de même aisée, même si on regrettera les temps de chargement qui peuvent aller de trente secondes à une minute quand on demande de générer un circuit ou d’enregistrer sa création.



GOTTA GO FAST



Même tarif en termes de chargement quand on souhaite simplement passer d’un circuit à l’autre. Heureusement, la stabilité du jeu est exemplaire une fois en piste. Le petit coup de polish côté visuel et la garantie d’un nombre d’images par seconde constant permettent de s’en donner à coeur joie, qu’on joue en ligne ou en solitaire. Le jeu est plutôt joli mais surtout toujours invariablement fluide et exempt de bugs, ce qui est presque une surprise sur cette génération de consoles. Autre élément particulièrement soigné par l’équipe, sa lisibilité ; même lancé à quelques centaines de kilomètres par heures, on peut d’un simple coup d’oeil anticiper une épingle, un saut ou une chicane. Tous ces indicateurs associés à de nombreux éléments de décors ont aussi pour fonction d’augmenter la sensation de vitesse, très vite grisante dès qu’on commence à enchaîner les bons chronos. Petite déception cependant du côté de la sélection musicale qui manque de folie, malgré la présence d’une fonction pour dynamiser le morceau en fonction de l’action à l’écran. Malheureusement le système accuse toujours un petit temps de retard, ce qui fait souvent tomber l’effet à plat.

Tout un tas d’autres désagréments et crispations viennent s'ajouter aux soucis de chargement. A l'image de l’attribution des touches, impossibles à personnaliser au lancement du jeu, sans qu’on puisse justifier un tel choix. Concrètement l’accélération n’a pas besoin d’un contrôle analogique, et sur la manette on aura tendance à utiliser Croix et Carré (A et X) pour piloter au lieu des gâchettes. Sauf que le changement de caméra est géré par une pression sur le stick droit, alors que les boutons de tranche ne servent à rien. Dans le même ordre d’idée, il est impossible de recommencer une course en écran partagé ; il faut forcément la terminer ou la quitter. Tous ces soucis s’ajoutent à une longue liste intitulée "mais enfin pourquoi ?" qui finissent à la longue par énerver. Vous ne nous croyez pas ? Dites vous qu’en ligne, la touche gauche désactive l’affichage du nom des autres joueurs, mais pas leurs véhicules. Bon courage pour lire le point de corde d’une courbe quand quarante Formule 1 se trouvent devant le nez de votre caisse.



Quand vient l’heure de dresser le bilan de Trackmania Turbo, il convient de ressortir les sempiternels jeux de mots sur le grand écart. Avec plus de dix ans d’expérience, la série n’a plus rien à prouver en matière de gameplay, de sensations de jeu et même de plaisir sadique, quand il s’agit de vous donner envie d’envoyer télé et manettes dans la rue. Le fait de savoir que la marge de progression est presque infinie, associé à un contenu finalement très généreux sur consoles, donne le vertige quand on pense à la durée de vie potentielle du jeu. Une remarque d'autant plus vraie que Nadeo nous propose une sélection de pistes qui vont progressivement flirter avec l’excellence, surtout dans les séries les plus avancées. Et pour ne rien gâcher à cette première incursion dans nos salons, le jeu est un modèle de stabilité et ne souffre finalement que de temps de chargement un peu longuets. De l’autre côté de la balance, on note pourtant de nombreuses déceptions, comme l’absence d’options pourtant basiques comme la gestion du volume de la musique, une sélection musicale moyenne, l’attribution des touches ou l’affichage des véhicules adverses. Malgré un effort visible pour pousser les gens à se réunir autour d’une pizza et du jeu lors des weekends pluvieux, des décisions incompréhensibles empêchent le jeu d’exprimer son plein potentiel à plusieurs. L’équipe se montre finalement plutôt conservatrice, car l’arrivée sur consoles aurait pu diversifier un peu plus le gameplay sans risquer de toucher à l’âme du jeu d’origine. Et comme de toute manière le succès du jeu se mesurera sur l’engagement des joueurs après la sortie, on ne peut qu’inviter les possesseurs de consoles à donner sa chance à l’un des tous derniers véritables jeux de course arcade.


7

BON


Les plus

  • Frame rate aux petits oignons
  • Un gameplay jouissif
  • Le mode double driver
  • Beaucoup de contenu...

Les moins

  • ... mais pas suffisamment mis en avant
  • La campagne manque de rythme
  • Il manque des options de base
  • Temps de chargement longs


  • Prix de lancement : 39.99 €
  • Genre : Course
  • Thème : Automobile
  • Éditeur : Ubisoft
  • Développeur : Nadeo
  • Univers, suites : TrackMania
  • Disponible
  • 24 mars 2016 (France)
  • 22 mars 2016 (États-Unis)
  • 24 mars 2016 (Japon)
  • Multijoueur
18 ans et plus