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Mise a jour terminé Nous somme le Jeudi 22 février 2018

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Ex : Tomb raider, League of legend



BLACK DESERT ONLINE


 

Tags : PC, Jeu de rôles
Ce test de BLACK DESERT ONLINE a été réalisé à partir d'une version éditeur.
Qualité du test pour ce jeux : 

Voilà un petit moment que Black Desert Online remplit son office chez les très skillés Coréens. Un temps qui aura été mis à profit par les développeurs pour tenter de peaufiner un poil la formule, tout en essayant de nous faire saliver, nous autres Occidentaux, à travers un matraquage médiatique régulier et quelques sessions de test depuis un peu plus d’un an. C’est que les fonctionnalités phares du titre, largement mises en avant ces derniers mois, pouvaient présenter un intérêt certain afin d’appâter le chaland, au détour d'un outil de création de personnages particulièrement complet, et d'un aspect sandbox appétissant à souhait. Mais tous les ingrédients sont-ils réunis pour que Black Desert Online se paie une entrée fracassante sur la scène occidentale ? Verdict.



APPRENTI PYGMALION



Comme dans tout bon meuporg qui se respecte, la première étape de Black Desert Online consiste à se dépêtrer de l’énorme outil de création de personnages dans lequel il sera simple de lâcher une demi-journée. Les options de personnalisation des personnages sont nombreuses et offrent des possibilités assez impressionnantes, allant du volume capillaire désiré à la mèche de cheveux près, en passant par la couleur de la pilosité, ses reflets, les proportions des parties du corps... De quoi permettre aux esthètes de s’amuser jusqu’à obtenir un résultat satisfaisant. Le moteur du jeu rend d’ailleurs hommage à tous les efforts que l’on pourrait dépenser à confectionner son compagnon virtuel, le rendu étant très convaincant. Mais avant cela vient le choix tout à fait cornélien de la classe de personnage, entre le Guerrier, l’Archère, le Berserker, la Sorcière, la Valkyrie, la Tamer, le Mage ainsi que la Mage. Pas question de proposer le choix du sexe lors du choix de sa classe ; il est normalement prévu qu’à terme, chaque job dispose de son pendant masculin / féminin avec ses propres particularités (à l’image du Guerrier et de la Valkyrie, du Mage et de la Mage).

Une fois le labeur artistique terminé, on aura droit à une petite remise en contexte de l'univers de BDO à travers une courte cut-scene. Assez pour se rendre compte que l’on met les pieds dans un monde pas aussi paisible qu’escompté, où des Cités-Etats se tirent la bourre, avec quelques factions partiellement humanoïdes pour pimenter un peu l’équation, évidemment. On saupoudre le tout par une petite dose de délire mystique, de cailloux aux pouvoirs surnaturels et une apparition noire comme meilleur ami imaginaire de notre figure principale, pour commencer à douter du bien-fondé de l’expédition virtuelle. Un bref et bien efficace didacticiel aura cependant bon ton de nous immerger un poil dans les mécaniques de base de Black Desert, tout en accompagnant nos premiers kilomètres dans un environnement franchement pas vilain... encore un coup de cette bonne vieille first hour experience.



LFG GIANTS GRIND SPOT



C’est qu’il y a beaucoup d’informations à ingurgiter, tout en se (re)-familiarisant avec une bonne vieille interface qui fleure bon le MMO free-to-play coréen d’un autre âge, vue et revue, mais pas forcément pour notre plus grand plaisir. Il faut avant tout se dire que Black Desert se base sur un large spectre d’activités pour exister, et faire exister sa base de joueurs. Non pas qu’elles soient toutes réussies ou particulièrement attrayantes, loin s’en faut, mais il mérite au moins largement son titre de MMO sandbox. On pourra de fait, comme dans la grande majorité des jeux du genre, se livrer à une bastonnade sans relâche contre les monstres qui composent l’environnement, ce qui sera d’ailleurs le moyen le plus simple et rapide (moyennant une cinquantaine d’heures bien tassées maintenant que les serveurs sont chargés) pour arriver au niveau maximum théorique de 50. Pourquoi théoriques ? Simplement car il est possible, en échange d’un temps CONSIDERABLE, de passer un petit peu au-dessus afin de débloquer quelques capacités et autres perks supplémentaires.

Contrairement à d’autres alternatives plus conventionnelles, on distinguera dans BDO le niveau de son avatar, et les skill points. Ces derniers se gagnent en accomplissant des actions (craft, ramassage, certaines quêtes) ou en faisant ce qui s’installera, sans surprise étant donnée la provenance du jeu, comme une longue et parfois très douloureuse routine : le bashing de monstres. Car oui, dans le MMO des développeurs coréens de Pearl Abyss, les quêtes ne rapportent que très rarement des points d’expérience effectifs. On basera donc notre évolution brute sur des zones, où l’on restera [insérez le nombre d’heures voulus] afin de gagner quelques niveaux. Rapide pour la première moitié du jeu, le rythme de gain de niveaux commence à se ralentir fortement une fois le niveau 35 dépassé. Le jeu groupé s’en trouve ainsi favorisé afin de rationaliser le temps de grind.



LÉA PASSION GRIDING



Heureusement, la pilule passe quand même un peu mieux grâce à ce qui s’apparente à l’un des meilleurs systèmes de combat design dans le genre. Grossièrement, c’est une sorte de mix entre Tera, Guild Wars II et Aion. Pas de ciblage à proprement parler, mais un système de visée à la souris, que l’on va coupler avec des combos (presqu’à la manière d’un jeu de combat, mais en largement plus simplifié tout de même) qui s’effectuent à l’aide du clavier. Une sorcière pourra ainsi user de sa très forte mobilité avec des dashs spéciaux pour jouer entre moyenne et courte distance, en utilisant des sorts de contrôle pour engager le combat, et ensuite taper les ennemis au sol et ainsi bénéficier d’un gain de dommages (tout comme les attaques dans le dos, d’ailleurs). On commence la combinaison en maintenant la direction arrière et l’attaque bind sur le clic gauche de la souris, pour ensuite l’additionner au clic droit et ajouter un effet au moment voulu, avant de ré-enclencher les deux boutons pour poursuivre l’enchaînement, et pourquoi pas backdash pour esquiver un coup un peu dangereux. Tous les actifs que l’on est amené à débloquer et susceptibles d'intégrer un combo trouvent automatiquement un lien sur le clavier dont on prend connaissance très simplement, ce qui est toujours très amusant à expérimenter au fil des groupes de monstres.

Dans les faits, on arrive à des rendus nerveux et agréables, d’autant que les philosophies de jeu peuvent différer grandement selon les builds, relativement flexibles, que l’on adopte. Tout cela est à mettre en perspective : pour maximiser les gains d’expérience, mieux vaut optimiser ses routes de farm dans une zone donnée, et attirer des groupes parfois conséquents de monstres. Gaffe à ne pas se louper sur les manipulations, la mort peut arriver vite quand on a les yeux plus gros que le ventre. D’ailleurs, un peu à la manière d’un Diablo II, il n’est jamais superflu de se balader avec un gros stock de potions, pour une session de grind prolongée. Malgré tous les bons côtés du système de combat, qui participe grandement à l’intérêt du jeu sur le court terme, le côté inlassable du bashing peut facilement provoquer l’overdose, voire le dégoût pour ceux qui n’adhèrent pas du tout au concept, d’autant que le contenu de fin de jeu, côté PvE est, au mieux famélique, au pire pratiquement inexistant. Au revoir donjons, raids, bonjour chasse, pêche, léa passion housing, et ça fait peur sur le long terme.



JOUR 11 : TOUJOURS EN TRAIN DE COURIR DANS UN MUR



A ceux qui veulent sortir du carcan traditionnel du MMO moderne, Black Desert offre d’autres alternatives d’aventure plutôt liées à l’exploration, le commerce ou le crafting. Finalement peu de quêtes se montrent indispensables pour l’avancée PvE du personnage, ou l’histoire - particulièrement oubliable au fil de l’épopée. Elles pourront servir à faire découvrir de nouvelles facettes du jeu en donnant de nouvelles recettes de crafting, par exemple. Après, l'exécution n’est pas forcément très originale : ramasser des tulipes, acheter du gros sel et livrer tout ça la tata Gertrude, on aura vu mieux pour lancer son affaire d’artisan alchimiste. Ou alors, on peut totalement s’affranchir d’une progression dictée par un PNJ, en expérimentant par soi-même à l’aide d’un petit guide interne au jeu, qui répertorie des activités par profession.

Le système de renommée (ressource que l’on obtient en réalisant quelques quêtes simples), essentiellement basé sur l’exploration du monde totalement ouvert et sans temps de chargement, permet de découvrir des nodes, généralement liés à des points d’intérêt géographiques. On pourra aussi bien y établir des routes commerciales pour transporter des marchandises, qu’assigner des PNJ que l’on aura engagés au préalable, pour récolter de la ressource. Un moyen de gonfler son capital de marchandises à vendre, ou à travailler pour monter ses différents jobs, quand il ne s'agit pas de monnayer éventuellement ses services à l’autel des ventes. Cette même ressource peut également permettre d'interagir avec des PNJ de l’environnement et leur louer des babioles diverses et variées.

Tout cela pour étendre l’impression d’un monde vivant et organique. Là où les PNJ que l’on assigne à la récolte gonflent nos ressources même lorsque l’on s’absente, une grande partie de la philosophie du jeu se calque sur ce modèle. On peut tout aussi bien parler de la fausse bonne idée du déplacement automatique (qui supplante un fast travel absent) ; celui-ci permet d’assigner un point de destination par rapport à notre localisation, et génère une course à partir des routes de la carte. Résultat : d’immenses détours pour suivre un tracé un peu “olé-olé”, jusqu'à se retrouver coincé dans un mur après un “alt-tab” encouragé, quand ce n’est pas pour avoir de l’eau après une chute "malencontreuse" dans une rivière, soit dix minutes supplémentaires à trouver une berge praticable. Un aspect automatisé qui peut s'appliquer à d’autres facettes du jeu, comme la pêche, que l’on peut laisser en tâche de fond pendant toute une journée en allant au boulot, pour revenir avec un sac plein de poissons à vendre, et une compétence qui a de quoi truster le leadboard de son serveur. Il n’y a pas de petites victoires.



SYSTEM : [SEPHIROTH A VENDU SON FILET DE LIMANDE 1,500,000,000 PIÈCES D’ARGENT]



Le jeu seul, en plus de devenir rapidement morne, arrivera bien vite à tourner en rond. Les guildes permettent ainsi de s’ouvrir à quelques activités supplémentaires, avec des objectifs de groupe, mais aussi la possibilité de faire du PvP inter-guildes afin de contrôler des routes commerciales ou des points stratégiques sur la carte. Une fonctionnalité que lui envie fortement Guild Wars 2 le bien-nommé. Autant dire qu’avec le système de combat un peu atypique de BDO, le résultat est plutôt sympathique. Rien qui ne puisse cependant diluer la mayonnaise un millier d’heures durant, d’autant qu’on a du mal à imaginer la profondeur du jeu rivaliser avec celle d’un EvE Online qui fait figure de maître dans le domaine du sandbox, avec toutes les complexités économiques et politiques qu’on lui connaît.

Pourtant, tout comme ce dernier, les systèmes globaux de Black Desert ne s’apprivoisent pas immédiatement. Les petits nouveaux devront s’accrocher pour percevoir tous les aspects du jeu, sans être véritablement aidés par une localisation parfois hasardeuse rien qu’en anglais. Le compagnon de route, au passage rapidement insupportable, qu’est le Black Spirit, sensibilisera tout au long du jeu l’aventurier aux arcanes du marchandage et autre chasse aux poissons, en faisant appel à quelques démonstrations vidéo qui auront bon ton de surcharger un peu plus l’interface, comme si elle en avait besoin.



LE CHEVAL, LE CHEVAL, C’EST VRAIMENT GÉNIAL



Finalement, l’impression de demi-teinte laissée par le contenu du jeu se retrouve dans la technique. Comme évoqué, le rendu des personnages est tout à fait plaisant à l’oeil, à l’image de l’environnement qui s’avère particulièrement élégant et vivant bien qu’un poil redondant, mêlant aussi bien des éléments de la Renaissance que d’une thématique beaucoup plus classique et surexploitée pour les jeux du genre : l’heroïc fantasy. Hélas, même si le frame rate n’est pas honteux, loin s’en faut, on sacrifie un peu la volonté de vouloir atteindre des chiffres complètement démentiels sur l’autel de la plastique. De même, on notera sans surprise un popping excessif dans les zones peuplées, le prix à payer pour avoir un vrai open world sans aucun temps de chargement...

Black Desert Online - Screenshot éditeurEn action, les compétences ont également de quoi remplir les mirettes avec l’impression de pouvoir mettre l’Armageddon en marche à chaque pack de monstres. La satisfaction se fait souvent sentir, quitte à parfois nuire à la visibilité globale des combats. Pourtant l’ambiance sonore, si elle reste de très bonne bonne facture pour ces mêmes capacités, met la barre beaucoup moins haute quand il s’agit des musiques. Elles ne sont pas franchement inoubliables, pour atteindre le point de non-retour quand commence le thème associé à une course à cheval, qui a clairement le nécessaire pour faire de l’ombre à une publicité pour une fédération nationale d’équitation. Et c’est un peu le constat général de Black Desert. Quand un vrai point fort commence à se dégager, il y aura souvent un autre élément pour le tempérer, ce qui peut être sacrément frustrant par moments...



Le moins que l’on puisse dire, c’est que Black Desert Online n’arrive jamais véritablement à trancher dans ses intentions. Tantôt dans la prise de risque et l’originalité avec son système de combat abouti et agréable, il s'embourbe un peu plus tard dans les poncifs désagréables des MMO coréens, et un bon bashing interminable en tête de pont. Le pire étant que l’on a du mal à percevoir une quelconque récompense à l’arrivée, sans même parler d’un contenu PvE de haut niveau proprement inexistant. Pour qui apprécie ce genre de progression, le jeu ne sera pas inintéressant, loin de là. Pour les autres, il faudra compter sur les à-côtés relatifs au commerce ou encore à l’artisanat, fouillés, mais qui nécessitent là encore une bonne dose de grind. Bref, pour apprécier le titre de Pearl Abyss, il faut se débarrasser des bonnes vieilles habitudes instaurées par le genre depuis une bonne décennie, et être prêt à se retrouver parfois sans autre objectif que celui de la découverte. Tout cela a un prix, celui de s’accrocher au jeu et de résister à la frustration que les ratés de design peuvent engendrer. Mais Black Desert Online a au moins le mérite de changer un peu de philosophie, ce qui ne peut pas faire de mal au genre. Même si en l’état, il est difficile d’imaginer l’intérêt du jeu sur le long terme.


6

HONNÊTE


Les plus

  • L’outil de création de personnages
  • Le système de combat
  • L’environnement sympathique
  • Plusieurs segments de jeu fouillés
  • La first hour experience

Les moins

  • Grinding partout
  • Récompenses nulle part
  • Manque de contenu de fin de jeu ou de perspectives
  • Des fausses bonnes idées (navigation automatique)
  • N'arrive jamais vraiment à décoller
  • Localisation hasardeuse
  • Histoire anecdotique


  • Genre : Action / Jeu de rôles
  • Thème : Heroïc-fantasy
  • Éditeur : Daum Games
  • Développeur : Pearl Abyss
  • Disponible
  • 3 mars 2016 (France)
  • 3 mars 2016 (États-Unis)
  • 8 mai 2015 (Japon)
  • Massivement Multijoueur