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Mise a jour terminé Nous somme le Jeudi 22 février 2018

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Ex : Tomb raider, League of legend



ORI AND THE BLIND FOREST : DEFINITIVE EDITION


 

Tags : XBOX, Plates-formes
Ce test de ORI AND THE BLIND FOREST : DEFINITIVE EDITION a été réalisé à partir d'une version éditeur.
Qualité du test pour ce jeux : 

A l'heure où les contenus additionnels sont presque devenus la norme, les éditions complètes ou salade-tomates-oignons sont aussi monnaie courante désormais. La particularité d'Ori and the Blind Forest tient au fait que tous les ajouts effectués sont livrés en même temps que sa Definitive Edition, un an tout juste après la sortie initiale du titre de Moon Studios et sans passer par la case DLC quelques mois plus tôt. Il faudra donc acquérir cette version - proposée à 5 euros si vous possédez déjà le jeu original ou 20 euros dans le cas contraire - pour avoir l'occasion de plonger dans les nouveaux recoins de la forêt de Nibel, qui réservent quelques défis et pouvoirs supplémentaires intéressants mais pas forcément indispensables. Explications dans l'encadré juste en-dessous.



Version Definitive Edition : A l'inverse des extensions indépendantes de la quête principale, le contenu additionnel d'Ori and the Blind Forest s'incruste de manière organique dans le jeu de base. Pour ne pas forcer les habitués à refaire toute l'aventure, la première nouvelle zone (le Terrier de Noiracine) est atteignable moins d'une heure après le début du jeu, à condition de savoir rebondir sur les murs. Sombre et pas si simple que ça mais assez courte, elle repose beaucoup sur l'utilisation de la lumière et des éléments de décor qui apparaissent ou disparaissent lorsqu'on porte un objet particulier. C'est aussi là-bas que l'on trouvera l'une des deux compétences inédites, le sprint, d'abord limité au sol puis déclenchable en l'air ou "concentrable" avec assez de points d'expérience. Une aptitude qui donne lieu à des séquences au timing serré, tout en accélérant et en facilitant un peu la progression dans les anciennes zones (coucou l'ascension forcée de l'arbre Ginso !). Les points de téléportations glissés dans les puits de lumière rendent aussi la navigation plus rapide, surtout quand il faut traverser toute la carte pour rejoindre un objectif.

La seconde partie complètement neuve est mieux éclairée mais ne sera pas atteignable sans l'attaque vers le sol. On y récupère l'Eclat de lumière, un projectile explosif à tirer juste devant soi, mais que l'on peut également lancer plus loin en visant pour atteindre des interrupteurs spéciaux, exploser des ennemis lointains ou se créer des points d'accroche pour se projeter toujours plus haut. Un don améliorable qui est bien mis à profit dans une section dédiée plus exigeante, mais qui s'avère aussi très utile dans d'autres endroits pour ceux qui trouvaient le jeu standard un peu trop corsé. Notons d'ailleurs qu'un mode facile plus permissif est désormais sélectionnable au début ou en cours de partie, tandis qu'un niveau de difficulté supérieur et un mode "une seule vie" font leur apparition pour les gros durs. En termes de scénario, les nouveaux endroits permettront d'en apprendre un peu plus sur Naru et son peuple, à travers quelques dialogues et des détails glissés dans les environnements. Cela dit, à moins de raffoler des croquis/vidéos préparatoires et des difficultés ajustables, les suppléments ne sont dans l'ensemble pas essentiels si vous avez bouclé la version 1.0 d'Ori, alors qu'ils feront office de petits bonus sympathiques rendant le jeu encore plus appréciable pour les néophytes.


Si vous êtes du genre à fondre devant Le Chat Potté, ou si la simple évocation de l'intro de Là haut suffit à vous précipiter sur la première boîte de kleenex venue, il y a de grandes chances que les premières minutes de Ori and the Blind Forest vous touchent en plein coeur. Comme un concentré de l'aventure émotionnelle qui vous attend, ces quelques minutes suffisent à jouer sur toutes la palette de nuances qui rythmeront l'aventure, entre art de l'ellipse côté narration, direction artistique absolument maîtrisée et une bande originale qui propulse instantanément Gareth Coker parmi les compositeurs à suivre. On pourrait compiler les nombreuses influences graphiques derrière le premier jeu de Moon Studios, mais on résumera tout aussi bien la situation en parlant d'un croisement réussi entre le monde désincarné de Limbo, avec ses nombreux jeux d'effets de plan, et la touche artistique d'un Princesse Mononoké, et plus généralement des productions Miyazaki. Entre les attitudes de la mère adoptive de Ori, qui évoque Totoro et le monstre de Chihiro, et plus simplement l'emprise de la nature et ses esprits, thème cher au réalisateur, les hommages sont aussi nombreux que réussis. Il va sans dire que le jeu est un feu d'artifice visuel, jusqu'à faire toussoter un peu la One quand les effets illuminent l'écran, mais une fois encore, il suffit d'ouvrir les yeux ici ou là pour acquiescer, complice.



ORI AND THE LIMBO FOREST



Sous ses apparences de Limbo au pays des bestioles poilues et des corbeaux revanchards, Ori and the Blind Forest cache bien plus qu'un simple jeu de plates-formes, mais un vrai Metroidvania, ce genre qui marie exploration, montée en niveau, et affichage de la map tous les deux pas pour ne pas perdre le fil. Le genre de concept qu'il semble difficile de rater : de Dust : An Elysian Tail à Guacamelee, les derniers exemples en date ont souvent été couronnés de succès. Gestion du rythme, dosage de la progression, entre liberté d'exploration et entraves liées aux capacités que l'on débloque : si la formule exige un véritable savoir-faire en matière de level design, tous les éléments de la structure s'imbriquent d'eux-mêmes quand ils sont réfléchis et maîtrisés. C'est également le cas de Ori and the Blind Forest, qui repose lui aussi sur des capacités permanentes à débloquer, à mesure que la bête en appelle aux esprits, et d'autres compétences bonus qui ne dépendent plus du scénario mais des orbes d'expérience nichées dans une sale dérobée ou lootées sur la carapace d'un ennemi.

Pour se défendre, Ori utilise la lumière spirituelle, une sorte d'émanation genre rayon laser, qui s'en va cogner les créatures à proximité, avec une zone tête-chercheuse qui ne pourra que grandir au gré de l'aventure. Chargée, elle explose tous les ennemis alentour. La progression suit donc son cours avec un véritable sens du rythme dans l'attribution des pouvoirs, de l'inévitable double saut qui donne accès à des zones inexplorées au vol plané. Mention spéciale pour la "Frappe" qui permet à la fois de prendre appui sur les projectiles ennemis pour mieux leur renvoyer, une excellente idée qui génère des puzzles tatillons et ouvre sur des phases de haute voltige dans le dernier tiers, quand Ori est suffisamment aguerri pour se ne plus avoir besoin de toucher le sol. Mieux, Ori and the Blind Forest marque les temps forts de l'aventure en introduisant des donjons élémentaires à chaque esprit réveillé. Des zones "à part" qui transformeront la topographie de la forêt ; en réveillant l'arbre source de vie, les marécages se transformeront ainsi en étendues d'eau, pour explorer de nouvelles zones sous-marines, et ainsi de suite. L'arbre de Ginso offre d'ailleurs à lui seul un grand moment de level design.



SAUVE TA PEAU



Jusque-là, la formule de Ori pourrait paraître un brin classique. Le titre puise son originalité à la fois dans son esthétique Ghibli, mais aussi dans le dosage millimétré de son challenge, qui fait voler en éclats les conventions des Metroidvania. Oubliez la progression pépère inhérente au genre : avec son ingénieux système de checkpoints à la demande, Moon Studios s'est permis de pousser la réglette du challenge sur la droite, pas trop loin du rouge, en total contraste avec l'apparence enfantine de son héros. Dans La Forêt Aveugle, le joueur est libre de matérialiser ses balises de respawn, pourvu qu'Ori ait encore un point d'énergie à sacrifier... au risque d'être en rade de magie pour ouvrir certains portails bonus. Impossible de sauvegarder dans un endroit un peu trop hostile, rassurez-vous, même si le jeu n'en manque pas. Racines épineuses, courants de lave, piranhas crève-la-dalle ne sont qu'un mince aperçu des innombrables dangers qu'il faudra surmonter, les sauts étant souvent aussi millimétrés que Rayman, le premier, cité parmi les inspirations des créateurs. Dans le jeu de Moon Studios, les ennemis font vraiment mal, les collisions encore pire, et si les chutes dans des puits sans fond sont plutôt rares, le quota de plates-formes bien tendues est largement rempli. Ce n'est clairement pas un hasard si le jeu affiche le nombre de morts aussitôt en pause : c'est même le principal critère retenu pour départager deux joueurs dans les classements en ligne.

Autant être prévenu : depuis les Bois Brumeux jusqu'aux hauteurs de Nibel, vous allez mourir plusieurs centaines de fois en premier run, écrasé sous un rocher branlant, désintégré par un laser, noyé dans la souche d'un arbre en crue. Une propension au die and retry, meurs et rejoue, qui prend parfois des allures de parcours de combattant, notamment durant les quelques phases où le jeu vous retire tout droit à la sauvegarde, pour mieux exécuter la séquence prévue par les programmeurs... quitte à manger des pièges quasiment impossibles à anticiper du premier coup. A ce titre, chaque donjon se conclut sur ce genre d'épreuve un peu forcée, qui vous laissera aussi haletant qu'Ori ; une gestion du rythme et de la narration aussi imposée que maîtrisée, puisque chacun de ces morceaux de bravoure se conclura sur une cinématique superbe, déliant avec brio une intrigue plus réfléchie qu'il n'y paraît.



L'AVENIR DANS LE RÉTRO



Précisons que la limite de checkpoints est loin d'être une entrave. S'il y a bien des moments où l'on s'en veut d'avoir posé une balise de sauvegarde dans un endroit un peu isolé, le genre d'erreur d'appréciation qui limitera vos droits à l'erreur sur quelques mètres, le level design est suffisamment bien pensé pour réserver tôt ou tard une stèle qui vous recharge à fond, au minimum des piñatas de bonus. Aucun risque de finir coincé pour la sauvegarde de trop, juste un plan galère au pire. Paradoxalement, le jeu devient de plus en plus conciliant à mesure de la progression, pour peu que l'on investisse ses points d'expérience dans les branches utiles de l'arbre de compétences. Défense accrue, vie rechargée en partie à chaque balise posée : il faudra bien ça pour regarder les derniers défis les yeux dans les yeux, retors comme du rétro.

Splendide sur le plan artistique, convaincant dans son gameplay et même original dans sa gestion du challenge, Ori and the Blind Forest vous entraînera huit à dix heures dans une sublime aventure, qui n'a finalement que deux seuls vrais défauts. Pour mieux mettre en valeur l'immensité du monde, son foisonnement, son hostilité vis-à-vis de Ori, Moon Studios a fait le choix de reculer la caméra autant que possible. Un parti pris qui rend non seulement les vieilles diagonales ou les moniteurs de PC obsolètes, mais qui nuit à la lisibilité des pièges et des projectiles, même quand ils sont rose fluo. C'est assez flagrant sur les blobs ennemis qui se désagrègent en larves, et plus généralement sur les projectiles des crapauds et autres zizis sortis de terre. Dans un jeu qui mise beaucoup sur la précision des sauts et l'anticipation des pièges, c'est gênant. Même les décors manquent parfois de clarté entre les zones à pics et celles où l'on peut poser le pied tranquille. Quant à la rejouabilité, sorti de la quête des maps visitées à 100%, tout dépendra de votre motivation personnelle. Certains se mettront en quête du "0 Death", tandis que les autres repartiront pour un tour en visant les derniers succès qui leur restent, du genre finir le jeu sans débloquer la moindre capacité ; dans tous les cas, la sauvegarde sera inaccessible une fois que le générique de fin défile, comme pour mieux refermer la couverture d'un livre dont on aura chéri chaque page. Du moins celles qui ne nous ont pas fait rager.


Derrière ses gros yeux ronds et son corps de Pokémon, Ori and the Blind Forest cache un Metroidvania que l'on traverse comme un parcours du combattant, époustouflé par tant de beauté, essoufflé après tant d'épreuves surmontées. En laissant le joueur libre de doser ses checkpoints, Moon Studios a pu aiguiser le challenge à sa guise, rythmant l'aventure de nombreux morceaux de bravoure qui vous marqueront durablement. S'il manque parfois de lisibilité, la faute à une caméra trop reculée et des décors foisonnant comme les plus beaux chefs-d'oeuvre des studios Ghibli, Ori est un jeu impressionnant de maîtrise, aussi bien en termes de direction artistique que de construction. Pour une fois que l'expression "à vos risques et périls" mérite toute votre attention...


8

TRE?S BON


Les plus

  • Esthétique fabuleuse
  • Bande son exceptionnelle
  • Gameplay ingénieux
  • Du challenge comme il faut
  • Des pouvoirs bien pensés
  • Des ajouts bienvenus pour les nouveaux venus...

Les moins

  • On distingue mal les projectiles et les obstacles
  • Un peu trop d'insistance sur le die and retry
  • Rejouabilité limitée
  • Quelques saccades sur One
  • ... mais assez légers si on a déjà le jeu de base.


  • Prix de lancement : 19.99 €
  • Genre : Plates-formes
  • Éditeur : Microsoft Studios
  • Développeur : Moon Studios
  • Univers, suites : Ori and the Blind Forest
  • En téléchargement uniquement
  • 11 mars 2016 (France)
  • 11 mars 2016 (États-Unis)