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Mise a jour terminé Nous somme le Jeudi 22 février 2018

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Ex : Tomb raider, League of legend



TOM CLANCY'S : THE DIVISION PS4


 

Tags : PS4, Action
Ce test de TOM CLANCY'S : THE DIVISION PS4 a été réalisé à partir d'une version éditeur.
Qualité du test pour ce jeux : 

On ne connaît désormais que trop bien la petite ritournelle. Après une vidéo target render qui mit tout le monde d’accord lors de l'E3 2013, Tom Clancy's The Division a rapidement été pris dans les montagnes russes d’un développement rallongé, tumultueux, d’une communication maladroite, avec en point d’orgue une bêta fragile, peinant à dévoiler ses atouts. L’heure est à présent venue d’oublier tout cela et de faire face à la version finale de The Division, la seule qui compte, celle qui n’a plus la moindre excuse et qui porte sur ses épaules tous les espoirs d'un éditeur qui mise gros sur le succès de sa nouvelle licence.



WHO YOU GONNA CALL ?



Ne laissera-t-on jamais cette pauvre ville tranquille ? Une nouvelle fois, quelques malicieux scénaristes ont décidé de plonger New York dans le chaos le plus total et mettre à genoux les États-Unis. Des billets de banque contaminés par un virus le jour du Black Friday ; autant dire que sa propagation sera radicale et catastrophique. Des millions de morts et une ville qui sombre en quelques jours dans un tumulte sans nom. Déjà des clans se sont formés et font régner la terreur dans les rues battues par un hiver arrivé trop tôt. Rioters, Rikers et Cleaners... simples émeutiers, hors-la-loi notoires bien plus organisés ou simili secte décidée à cramer les quelques survivants qui restent, la mégapole doit faire face à la pire menace de son histoire. Pour tenter de remettre un peu d'ordre dans tout cela et comprendre les origines de cette pandémie, le gouvernement envoie sur place une unité spéciale, The Division. Et elle va avoir beaucoup, mais alors beaucoup de travail.

Sans grande surprise et malgré la présence d'un pesant "Tom Clancy's" dans son titre, le scénario de The Division n'étourdira pas plus que cela les amateurs. Compte tenu du genre auquel il se rattache, celui-ci n'aura qu'un rôle de gros fil rouge pataud dévoilé via de rares cut-scenes qui ne tiennent pas plus que cela en haleine. En outre, le caractère dilué et décousu de l'aventure n'aide pas spécialement à retenir l'attention. On appréciera tout de même le cadre qu'il pose dans ce New York ravagé, cette ville couchée, la bouche de travers, comme le chante le poète.



CONCRETE JUNGLE WHERE NIGHTMARES ARE MADE OF



C'est un curieux choix, toutefois, que ce New York. Bien sûr, c'est une cité mythique, presque familière tant on a pu la voir et revoir dans les films et séries. Et le Lower Manhattan reproduit relativement fidèlement par Massive Entertainment en impose, il faut l'admettre. C'est un joli défilé de monuments, de lieux et quartiers emblématiques, le tout emmitouflé dans une ambiance hivernale franchement réussie. Bref, on s'y croit. On note au passage le malin plaisir pris par les level designers à saccager chaque recoin de la ville pour lui donner cette atmosphère d'état de siège. Magasins pillés, murs recouverts de graffitis, animaux errants, voitures en flammes, cadavres par centaines... La ville est dans un sale état, elle transpire l'urgence et la mort. Elle dégage une ambiance terrible et délétère qui plante parfaitement le décor.

Le souci, c'est que New York est à l'urbanisme ce que le poisson pané est à la gastronomie : c'est froid, géométrique, sans vie et triste à en crever (et ça pue, mais c'est un autre débat). En somme, c'est une aire de jeu "plaisante" par son atmosphère, mais dont on se lasse vite. Le découpage des quartiers à l'équerre rend les promenades assez monotones et déprimantes. Des lignes droites, des lignes droites, encore des lignes droites... Bonjour l'indigestion, d'autant qu'il n'y a aucun véhicule disponible pour raccourcir certains parcours. Heureusement, on pourra compter sur un système de déplacement automatique au gré des lieux-clés découverts, mais aussi grâce au système de matchmaking qui permet de basculer dans une mission à l'autre bout de la map en un clin d'oeil temps de chargement longuet. Ouf !



UNE DIVISION QUI SOUSTRAIT ?



On ne va pas ici entrer dans le débat stérile downgrade / pas downgrade qui est plus une problématique marketing qu'autre chose. Ce qui nous intéresse ici, c'est ce que balance le jeu aujourd'hui. Et, sur le plan technique, The Division fait clairement le boulot. La réalisation porte parfaitement bien le travail des graphistes et délivre une ville fourmillant de détails et chargés d'effets de lumière et de particules qui donne corps à l'ensemble - mention spéciale pour le rendu des flammes. Pour un open world impliquant un aspect multijoueur, The Division a franchement de quoi impressionner par moment. La réactivité de certains éléments du décor, les éclairages dynamiques (oui, on peut s'amuser à péter certaines ampoules comme dans le premier Splinter Cell), le cycle jour/nuit et la météo sacrément variable... Massive Entertainment a réalisé un excellent boulot dans l'ensemble.

On sera un peu moins enthousiastes devant certaines animations (notamment ce déhanché syphonfilterien balourd du héros) et devant quelques tricheries un peu cracras (comme les "faux" reflets dans les vitres des buildings déjà vus dans Watch Dogs). En outre, on remarque çà et là du "pop" de textures ou des enchevêtrements d'éléments pas très flatteurs. Cerise sur la grosse pomme, le frame rate est d'une constance épatante même lorsque tout l'écran s'enflamme et explose avec des paquets d'ennemis qui s'agitent en tous sens. Re-ouf !

L'ARSENAL ? ARRH, C'EST NUL



Maintenant que l'on a bien tourné autour du pot, il est temps de plonger dedans à pieds joints pour aborder le dense et complexe sujet du gameplay. Fidèle à son accroche publicitaire, The Division est effectivement à la croisée des chemins entre différents genres ; ce qui donne, pour les amateurs d'acronymes époustouflants, un TPS-MMO-RPG. Un vrai pot-pourri, diront les plus caustiques.

La base est donc évidente : les combats de The Division reprennent grosso modo la recette institutionnalisée par Gears of War. Caméra placée légèrement au-dessus de l'épaule, notre soldat court, se cache derrière des poubelles, des murets et des poteaux, fait des roulades d'esquive (sans louer le soleil), peut tirer à l'aveugle... A l'exception du saut, la panoplie est là. À tel point que l'on regrette qu'elle reprenne cette vilaine restriction qui nous empêche de nous accroupir ou d'avancer discrètement quand on n'est pas caché derrière un abri.

Subtilité très Ubisoft, le système pour se mettre à couvert est semi-automatisé comme on a notamment pu le voir dans Watch Dogs. Tout se passe avec Croix qui permet donc de se blottir contre le premier carton ou pare-choc venu pour éviter les tirs ennemis. Pour passer d'une couverture à l'autre, il suffit simplement de la "viser" et de rester appuyé sur ledit bouton pour voir notre héros filer comme un cabri. C'est efficace, indispensable même, et ça donne lieu à quelques mouvements badass à la Bruce Willis qui vont bien.

En revanche, la mécanique demande un petit temps d'adaptation. Quand les combats font rage, on s'emmêle parfois un peu avec des surbrillances dans tous les sens et un héros qui se colle du mauvais côté d'une barricade. Celui-ci a également cette fichue tendance à contourner automatiquement un abri lorsqu'il arrive au bord, histoire de s'exposer au grand jour alors que l'on voulait simplement jeter un petit coup d'oeil gratuit. Il ne sera pas rare de pester également contre quelques soucis d'ergonomie comme l'utilisation des grenades (un clic bref sur la croix directionnelle) ou de certains items qui demandent un appui long sur la croix directionnelle pour accéder à une roue de sélection secondaire... Autant dire que quand ça chauffe beaucoup, on s'y perd un peu. Mais bien sûr, avec un peu de patience et de pratique, ces soucis se feront naturellement plus discrets. Disons que c'est un coup à prendre.



FOUS TA CAGOULE !



Côté sensations, The Division aurait pu en imposer un peu plus. L'arsenal très classique (fusil mitrailleur, d'assaut, à pompe, à lunette, flingue...) manque globalement de patate. Cela s'arrange un peu à terme grâce aux améliorations que l'on peut apporter aux armes. Mais, tant dans les bruitages que dans le feeling général, on aurait apprécié un peu plus de nervosité et de percussion.

Mais ce qui nuit le plus aux combats, ce sont finalement les ennemis eux-mêmes. Tout d'abord, par leur manque de variété. Les quatre factions que l'on sera amenés à affronter n'envoient face à nous que quatre ou cinq types de combattants différents. On sent donc rapidement le copié/collé de skins de sauvageons cagoulés ou de pyromanes en tenue de métallos ; et comme on les affronte par paquet à chaque fois, la lassitude pourra pointer. Au-delà de leur look, c'est leur comportement au combat qui pourra parfois poser problème. En règle générale, tout va bien. On a en face de nous des salopards bien armés qui gigotent beaucoup ou prennent soin de se planquer comme il faut (même si l'on risque alors de tomber dans une mécanique de taupe de fête foraine). Il ne sera pas rare de les voir essayer de nous déborder ou d'exploiter dignement les décors pour nous prendre par surprise. On note également une certaine complémentarité des troupes adverses avec des zouaves suicidaires qui n'hésiteront jamais à foncer vers vous pour vous choper au corps-à-corps (ah, le fameux maboule à la batte de baseball !), tandis que leurs comparses plus fourbes tenteront de vous aligner de loin en profitant du désordre causé par leurs camarades.

En contrepartie, on assiste aussi à quelques errances débiles, souvent vues en coop quand l'I.A., troublée par le nombre d'assaillants, en perdra un peu ses repères. Un bonhomme qui file en boucle entre deux abris, qui fait des va-et-vient grotesques, reste planté quelques secondes les bras ballants... On pourra être témoin de ce genre de petites inepties qui font toujours tiquer. Et, plus généralement, les scripts de comportement sautent souvent un peu trop aux yeux. Cela vaut pour le maboule à la batte de baseball qui ne se respecte quand même pas beaucoup, comme pour certains de ses collègues un peu trop sur des rails. Bref, si l'on sent que l'on affronte de vrais enfoirés qui veulent notre peau, il arrive aussi que'ils se transforment en vulgaires sacs à PV / XP. Dommage.



C'EST LE JEU, MA PAUV' LUCETTE !



En sus des péquins de base, on verra également débarquer de temps en temps des ennemis "élites" bien plus résistants (mais pas forcément beaucoup plus violents ou malins, ceci dit), ainsi que de vrais gros boss en colère. Cela donnera bien sûr lieu à des combats furieux et mortels (sans respawn automatique, comme dans Destiny). Ils concluront certaines missions principales, mais ne brilleront pas forcément par leur originalité et ne viendront pas non plus insuffler beaucoup d'épique dans les batailles ; la faute, sans doute, au contexte réaliste du jeu. Ici, on ne croisera pas de dragon géant ou de ninja cyborg qui envoie ses clones contre nous. Non, les boss restent globalement des gros types bien plus baraqués que la moyenne et mus par un pattern souvent basique. Le challenge viendra donc de leur arsenal dévastateur qui mangera votre barre de vie d'un croc et, surtout, de leur résistance ahurissante avec des couches et des couches d'armure, capables de les protéger pendant de longues minutes, et un nombre de HP toujours étourdissant.

Car, nous allons y venir, The Division ayant ajouté de grosses louches de RPG à sa recette, les ennemis ici ont des points de vie et sont donc plus ou moins sensibles à nos attaques, en fonction du level et de la puissance de nos armes. Classique pour le genre. Un headshot ne sera donc pas fatal. Il fera beaucoup plus de dégâts et pourra également étourdir un ennemi, mais il en faudra parfois plusieurs pour mettre un bonhomme à terre - voire plusieurs dizaines de dizaines quand il s'agit d'un boss.

On en arrive ainsi à l'un des points-clés de The Division : le décalage entre son système de jeu et le réalisme dans lequel il essaie de s'ancrer. Un décalage radical qui pourra provoquer quelques raclements de gorge chez certains. Il faut dire que coller 28 headshots à certains ennemis simplement coiffés d'un bonnet en laine H&M avant de les voir s'écrouler a de quoi décontenancer par moment. Dans un cadre fantastique où l'on peut invoquer la surpuissance d'une armure plasma forgée dans le volcan du destin de la planète Quasar, ça passe. Dans le New York des années 2010, c'est moins évident. Mais c'est le prix à payer pour goûter à la couche RPG du gameplay sans laquelle The Division aurait probablement la consistance d'une Cracotte rassie. En outre, osera-t-on rappeler combien de coups d'épée il faut pour tuer un petit rat mignon dans Morrowind ou combien de tirs de fusil à pompe un héros de base est capable d'encaisser dans... environ tous les jeux de la terre ?


DIVISER POUR MIEUX RAGER



Oui, derrière ses atours de TPS lisse et générique se cache un véritable RPG, avec tout ce que cela implique de statistiques, grind et de loot. On pourra juger le mariage improbable, absurde, voire complètement idiot. Mais The Division est ainsi pensé et cela rend de facto caducs un paquet de reproches qu'on pourrait être tenté de lui asséner. Les missions concons, les mobs que l'on bazarde à la chaîne, les boss increvables... Là, on remplit le cahier des charges du RPG de base. Pour le joueur, il ne se pose donc que deux questions en une : est-ce que vous adhérez au parti pris de Massive Entertainment ? Et, est-ce que la facette RPG peut vous y aider ?

Tout commence donc par la création d'un personnage, homme ou femme, avec des options, hélas, bien trop restreintes. Tout est ensuite question de points d'XP remportés en éliminant des ennemis et en bouclant des missions. Ils gonfleront les stats de notre héros (mais on ne choisit pas ici dans quelle mesure, c'est automatique) et permettront d'accéder à de l'équipement de plus en plus performant (à dénicher dans les poches des cadavres que l'on sème ou chez les différents marchands présents dans New York). On pourra ainsi passer des heures dans son inventaire à comparer la puissance d'un AK47 à celle d'un M4 ou la résistance d'une armure, sachant que les items ont souvent des bonus ET malus. Une genouillère pourra ainsi augmenter vos HP, au détriment de vos dégâts... Sachant qu'il y a trois slots d'armes et huit d'armures, que l'équipement peut en plus être amélioré grâce à des mods et qu'un système de craft est même prévu pour fabriquer ses propres pièces, les amateurs de menus et sous-menus en auront pour leur argent. The Division est en plus vraiment généreux avec du loot à tout-va et souvent très varié. Bref, Massive Entertainment n'y est vraiment pas allé avec le dos de la cuiller et donne à son titre une richesse et une profondeur qu'on ne lui aurait pas soupçonnées.

Sur cette base on ne peut plus classique vient se greffer une seconde couche d'évolutions et d'expérience liée cette fois-ci à notre QG. En débarquant dans Manhattan au début du jeu, la Division va effectivement compter sur vous pour établir une "base d'opérations" dans l'imposant bureau de poste James Farley. Celui-ci est en piteux état et ce sera donc à vous de le retaper en y construisant trois ailes bien distinctes : médicale, technique et sécurité. Ce faisant, vous aurez la possibilité de débloquer une des quatre compétences spéciales, liées à ces trois secteurs. Pour "médical", la détection et le marquage des ennemis et alliés, les premiers secours... Pour "technique", une bombe collante, une tourelle de tir automatique... Et pour "sécurité", un bouclier balistique ou "abri intelligent" qui permet d'améliorer la résistance des couvertures. Ces compétences seront bien sûr bigrement utiles, mais vous ne pourrez en équiper que deux en même temps, dévolues à R1 et L1. De jolis dilemmes en perspective, donc. Mais, sous réserve de les avoir débloquées, vous pourrez en changer quand vous voulez pour vous adapter au mieux aux situations rencontrées. Elles seront également toutes upgradables grâce à des mods.

L'opération d'upgrade de la base ne s'arrête pas là, puisqu'elle vous permettra également de gagner des "talents" qui correspondent grosso modo à divers boosts et améliorations de vos compétences (rechargement plus rapide des skills, boost de vitesse ou de soin, renforcement temporaire de votre résistance, augmentation des dégâts, gain de munitions en cas de headshots, etc.). Mais également des "bonus" qui sont des compétences passives qui permettront en vrac d'augmenter vos revenus, votre capacité de stockage de certains items (ou même leur efficacité ou durée d'action), d'augmenter l'XP gagnée ou même ajouter des vendeurs dans certains coins de la base. Bref, il y a vraiment de quoi faire dans The Division, au point qu'après l'étourdissement de la découverte, il faut même un peu de temps pour se faire à toutes ces options et les choix cornéliens qui vont avec.



LA RÈGLE DE 3



Vous l'aurez peut-être compris, ces trois ailes de la base sont en fait les trois chemins à emprunter pour modeler votre héros et (potentiellement) en faire un "soigneur" ou bien lui ouvrir une carrière d'"ingénieur" spécialisé au choix dans le support tactique offensif ou défensif. Dans le cadre du jeu en coop avec une équipe assez fixe, on pourra tout à fait envisager d'opter pour un total look avec des compétences qui pourront vraiment se montrer d'une complémentarité très efficace. On appréciera sinon de pouvoir piocher librement dans les différentes catégories pour se faire un héros équilibré, adapté à son style de jeu.

Ce découpage en trois spécialités aura également une incidence sur la construction de la campagne principale puisque les missions centrales concernent à chaque fois un domaine particulier (avec à la clé, des points d'expérience dédiés avec lesquels on pourra donc retaper chaque aile de la base). Ces missions, justement, nous entraîneront généralement dans de simili donjons, des niveaux à part où l'on troque les rues quadrillées monotones de New York pour un level design souvent très bien pensé. Centre commercial, station de métro, usine métallurgique, académie de police... Les cadres font du bien côté variété et ils jouent en plus souvent sur la verticalité en proposant surtout des arènes assez ouvertes où l'on pourra envisager de véritables tactiques pour défendre ou attaquer. Sans grande surprise, leurs objectifs restent, en revanche, très basiques. Appuyer sur un bouton, enclencher un mécanisme, protéger un civil ou défendre une position, tout cela reste un prétexte maladroit pour justifier de bazarder des ennemis par camions entiers.



DESTINYVISION ?



Ce gameplay hybride qui pourra dérouter, The Division le plonge dans un cadre de MMO qui ouvre à de belles perspectives. On pense alors inévitablement à Destiny qui tentait le même genre de cabriole il y a un an et demi. Le parallèle n'a rien de farfelu ; il est même sacrément à-propos puisqu'à bien des égards le titre de Massive Entertainment tire sur les mêmes ficelles. On pourra ainsi se lancer dans du coop à quatre entre amis, en recrutant des joueurs dans les différents hub disséminés dans New York ou via un système de matchmaking très efficace, même s'il est encore perturbé par des petits soucis de jeunesse. Bien sûr, dans ces cas-là, les ennemis seront bien plus costauds et nombreux, histoire de vous donner du fil à retordre.

Comme on commençait à le dévoiler plus haut, c'est évidemment dans ces conditions que The Division dévoile toute sa valeur. Tout d'abord, parce que l'affluence des ennemis donne aux missions un caractère explosif et nerveux qui peut leur faire défaut en solo. Ensuite, parce que les possibilités d'entraide entre les joueurs (a fortiori ceux ayant des compétences, sinon complémentaires, au moins différentes) donnent beaucoup de relief à un gameplay de base plutôt plat, tout du moins trop classique. Au sein d'une même instance, la communication pourra se faire facilement en VoIP ou via des emotes pourraves. Hélas, il n'y a aucun moyen d'envoyer des messages écrits à ses comparses, ni via un clavier virtuel, ni via des phrases pré-écrites qui permettraient d'appeler facilement/rapidement à l'aide, de prévenir qu'on checke son inventaire, etc. (en oubliant la barrière de la langue, qui plus est). Heureusement, l'accès aux fiches de joueurs ou aux paramètres du groupe (pour envoyer des invitations, se déconnecter, etc.) est simple et intuitif. Il n'empêche qu'on voit mal comment rencontrer ou sympathiser avec de nouveaux joueurs dans le jeu. Il faudra donc laisser faire le hasard du matchmaking. Tant pis. Bref, même si c'est dans une moindre mesure, on retrouve des lacunes sociales comme dans Destiny. Toujours au chapitre des petits regrets, on notera l'impossibilité de créer des clans ou guildes ou celle d'échanger ou commercer avec les autres joueurs. Cette dernière fonctionnalité serait à l'étude apparemment, mais on se gardera bien de parier sur son implémentation prochaine. Enfin, la sensible différence d'un niveau d'XP à l'autre rend assez délicate la coopération avec un joueur qui serait 3 ou 4 niveaux en-dessous du nôtre. Pas évident pour une team de prendre sous son aile un joueur plus faible pour l'aider à monter rapidement en grade, par exemple.



PVP, SVP



L'aspect multijoueur de The Division ne se résume pas à du coop dans des missions préétablies. Car, quelque part dans Manhattan se cache une aire de jeu immense, totalement isolée du reste de la ville, avec son propre système, ses propres règles... la Dark Zone. Dans cette partie de la ville placée en quarantaine rôdent les pires ordures du jeu, des ennemis costauds et puissants, mais aussi, bien sûr, les items les plus intéressants. S'y aventurer sera donc dangereux, mais le jeu en vaut franchement la chandelle. Enfin, sous réserve que vous arriviez à faire sortir votre butin de là !

La fourberie de la Dark Zone est simple : les items que l'on y trouve sont contaminés. Dès lors, il faut se rendre dans une zone d'extraction (il y en a plusieurs sur la map) et appeler un hélico pour les faire sortir de la zone et les voir enfin arriver dans son inventaire. Le hic, c'est que la démarche prend du temps et qu'elle alertera surtout l'ensemble des joueurs des parages. Ils pourront donc profiter de l'occasion pour extraire leurs propres trouvailles... ou pour vous tomber dessus comme des salopards pour s'emparer justement des petites choses que vous souhaitiez mettre à l'abri.

Mais la filouterie a un prix dans la Dark Zone. Car, bien que ce soit une zone spéciale dédiée au PvP, dès qu'un joueur fait feu sur un autre, il est alors considéré comme un renégat. Il sera donc marqué, devenant ainsi la cible gratuite de qui voudrait se faire un malotru. Sur le papier, la Dark Zone, c'est donc un peu comme Mc Donald's : "venez comme vous êtes". En gros, libre à vous d'engager le combat en voyant un autre joueur au loin ou, au contraire, d'essayer de faire copain copain pour ensemble lutter contre les dangers qui vous attendent. Là encore, le coop aura du sens pour l'entraide entre "gentils", mais aussi pour imaginer des escouades de loubards qui détrousseraient les naïfs à moindre frais.

Appâter le joueur avec du loot précieux et de bonnes doses d'XP tout en ouvrant grand la porte à la mesquinerie. La mécanique de la Dark Zone fonctionne vraiment très bien. Elle rend sérieusement parano quand on s'y aventure seul et sera un joli terreau pour voir fleurir des batailles furieuses. Attention toutefois au friendly fire qui pourrait avoir une vilaine saveur malgré votre plus sincère bienveillance (on parle en connaissance de cause...). Dommage aussi que la possibilité de communiquer entre joueurs montre ici ses limites. On aurait facilement imaginé des cris de reddition ou, au contraire, de vils subterfuges pour rassurer des joueurs afin de mieux les attirer dans ses filets...

Quoi qu'il en soit, The Division tient là un bel argument pour draguer les joueurs et surtout les garder accrochés des heures et des heures. Avec un level cap pour l'instant bloqué à 30, il y a déjà facilement une bonne quarantaine d'heures qui attendent les plus tenaces. Et une chose est certaine : Ubisoft ambitionne de faire grossir The Division encore et encore avec des deux mises à jour prévues dans les prochaines semaines pour enrichir le contenu et, surtout, trois extensions qui développeront le terrain de jeu tout en apportant de nouvelles motivations pour les high levels. Bref, si la promenade vous tente, vous n'êtes pas là de quitter Manhattan de sitôt



Quitte à concourir pour le "ire calembour de l'année, allons-y franchement : The Division va diviser. Sa facette RPG plongée dans un cadre contemporain réaliste risque effectivement d'en laisser plus d'un sur le bord de la route, troublé par l'image qu'il renvoie, celle d'un TPS assez lisse et générique ; ce qu'il est loin d'être. Valeureux sur certains aspects, fragile ou gourd sur d'autres, The Division ne tient peut-être pas toujours toutes ses mirifiques promesses. Néanmoins, il faut bien reconnaître sa formidable efficacité dès lors que l'on s'y plonge à plusieurs, avec des amis ou de bons alliés croisés au gré du matchmaking. The Division dévoile alors de très belles choses, notamment lorsque l'on met les pieds dans la Dark Zone, la zone PvP du jeu. Grâce à la densité de ses atours RPG, le titre de Massive Entertainment arrive en plus à nous accrocher dans sa mécanique perverse du "toujours plus" pour monter en niveau et crafter ou looter jusqu'à plus soif. Bref, si l'on accepte de composer avec ses petites fragilités, The Division arrive tout de même à ses fins : diviser pour mieux régner.


7

TRES BON


Les plus

  • L'atmosphère post-apocalyptique
  • Le potentiel du coop
  • La générosité de l'aspect RPG
  • La Dark Zone, une sacrée idée
  • Level design des "donjons"
  • Il sait être très joli
  • Excellente durée de vie

Les moins

    • New York, un hub géant bien monotone
    • Fonctions sociales manquantes
    • Petits soucis d'ergonomie
    • Ennemis trop peu variés
    • ...et à l'I.A. aléatoire
    • Une hybridation qui peut troubler


  • Prix de lancement : 69.99 €
  • Genre : TPS
  • Thème : Post-apocalyptique
  • Éditeur : Ubisoft
  • Développeur : Massive Entertainment
  • Univers, suites : Tom Clancy
  • Disponible
  • 8 mars 2016 (France)
  • 8 mars 2016 (États-Unis)
  • 10 mars 2016 (Japon)
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