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Mise a jour terminé Nous somme le Jeudi 22 février 2018

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Ex : Tomb raider, League of legend



HITMAN PS4


 

Tags : PS4, Action
Ce test de HITMAN PS4 a été réalisé à partir d'une version éditeur.
Qualité du test pour ce jeux : 

Depuis quelques années, on “reboote” à tour de bras. Tomb Raider, Ratchet & Clank ou Thief, autant d’exemples de licences qu’on a fait repartir de zéro, comme si de rien n’était. Pour se distinguer des petits copains, Io-Interactive a même ajouté une contrainte supplémentaire en faisant du prochain Hitman un jeu diffusé de manière épisodique. Ici pas de longue trame narrative comme chez Telltale ou Life is Strange, mais bien un jeu complet dont le contenu sera dilué sur plusieurs mois. Comme pour le financement participatif ou l’accès anticipé, il est demandé aux joueurs / clients de faire confiance et de parier sur l’avenir, quitte à attendre plusieurs mois pour le savourer dans sa globalité. Sur ce dilemme, nous avons notre petite idée sur la question. Avec au milieu de la cible ce premier épisode de Hitman, version 2016.

Même sans être forcément un habitué de la série, vous avez très probablement déjà vu ce personnage chauve, tatoué à l’arrière du crâne, qui passe son temps à zigouiller des gens. L’agent 47 est un tueur à gages depuis l’an 2000, un type peu causant dont les aventures étaient assez régulières jusqu’à Blood Money, sorti en 2006. Il avait fallu attendre six années avant de voir débarquer Absolution et sa formule totalement repensée. Beaucoup moins jeu d’assassinat et plutôt jeu d’infiltration, les niveaux étaient revenus étriqués, linéaires, reléguant le sentiment de liberté au rayon des souvenirs. Pire, la mécanique de déguisement avait été totalement revue, au grand dam de nombreux joueurs. Quatre années se sont écoulées à nouveau et cette fois-ci, promis, juré, Io-Interactive vous a compris : retour des environnements ouverts et d’une vaste palette d’outils et gadgets pour refroidir les rupins. Une telle preuve d’écoute et de mansuétude de la part des développeurs s’accompagne quand même d’une petite carotte, puisque seul l’environnement de Paris sera disponible à la sortie.



LA NUIT AVEC MON CHAUVE



Avant de débarquer dans la capitale, l’histoire reprend et montre la toute première rencontre avec Diana, qui servira d’agent de liaison à 47. S’ensuit un petit prologue plutôt amusant dans un silo militaire désaffecté, où il faudra faire la démonstration de vos talents pour l’assassinat. Cette courte mission sur le yacht permet de passer en revue les mécaniques du jeu en seulement quelques minutes. La prise en main est très simple ; on peut soit être debout, soit accroupi, en maintenant L1 pour aller plus vite. La touche R1 permet d’activer le wall-hack, pardon, l’instinct, et ainsi voir à travers les murs et localiser votre cible peu importe son emplacement. Tout le reste est contextuel et apparaît donc à l’écran au moment opportun. En hommage à Tomb Raider et comme dans Blood Money, un menu circulaire vous donne accès à tous les objets que vous possédez. Attention, les armes trop volumineuses comme les fusils seront automatiquement placées dans votre dos. Pas forcément ce qu’il y a de plus discret.

Après avoir suivi un plan sans accroc, vous devrez cette fois-ci vous débarrasser de la cible comme bon vous semble. Pour embarquer à bord du bateau, on peut par exemple détourner l’attention des agents de police, se faire passer pour un ouvrier ou un invité de marque. Une fois à bord, les options sont toujours plus nombreuses. On peut par exemple rendre la cible malade pour mieux s’en débarrasser aux toilettes, la faire exploser, lui faire tomber des tonneaux sur le crâne ou lui loger une balle dans la nuque ; ça marche aussi. Votre seul costume de tueur à gages ne vous autorise cependant pas l’accès à toutes les zones du jeu. Pour éviter d’être pris en flagrant délit d’intrusion, il faudra vous déguiser. Le principal changement depuis Absolution étant que les personnes partageant la même apparence ne pourront pas tous vous démasquer. Seuls certains NPC, marqués d’un point blanc, sont capables de déjouer votre camouflage, et donneront l’alerte ou vous tireront dessus si vous restez à proximité. A ce moment-là, vous pouvez faire une croix sur votre score parfait et tenter de semer les poursuivants, leur attention revenant à la normale après quelques instants sans vous voir.



RENÉ EST CON, COMME UN BALAI



Voilà pour les bases, effectivement plus proches de celles de Blood Money. Après un dernier test pas bien corsé, on découvre enfin l’environnement de Paris, où se déroule un grand défilé de mode, avec quelques malversations en coulisses. Vos deux cibles dirigent une organisation secrète qui gouverne le monde secrètement, et qu’il faut à tout prix éliminer. Une fois sur place, le jeu vous parlera très vite des opportunités, un système d’assistance pour les joueurs les moins curieux, mais pas seulement. Notez bien qu’on peut désactiver toutes les aides dans le menu du jeu, l’instinct, les points blancs, la mini-map et bien sûr les opportunités. Une fois activées, des indicateurs vous mènent petit à petit jusqu’à une situation particulièrement favorable. Tel personnage doit en rencontrer un autre dans un lieu tenu secret, tel autre participera à un échange commercial clandestin, etc. Autant d’informations qui vous permettront petit à petit d’appréhender ce petit écosystème, à la manière d’un gamin devant une fourmilière. Même si les fourmis ne sont pas sur le point de nous battre au go, elles sont tout de même bien moins stupides que l’IA de Hitman.

C’est malheureusement l’un des problèmes majeurs du jeu, qui manque de cohérence dans des proportions bien trop grandes pour être acceptables. Il s’agit bien sûr d’un jeu vidéo, et la série n’a jamais brillé par son sens du réalisme ; c’est même ce défaut qui rendit Absolution moins fun au final. Dans Hitman 2016 toute action incongrue, même simplement ouvrir un robinet d’eau, pique la méfiance des gardes, complètement flippés de la gâchette. A côté de cette vigilance et cet excès de zèle, on peut assister à des scènes complètement lunaires, comme ce moment où les deux cibles de la mission conversent entre elles... alors que la première vient d’être abattue quelques minutes plus tôt. L’aspect infiltration apporté par Absolution est totalement renié ici, puisque les gardes ne voient que ce qui se passe devant eux, à condition d’être à quelques mètres. Une fois les cibles éliminées, et malgré l’état d’alerte, il suffit de rester dans l’angle mort des gardes pour monter à bord d’un hélicoptère et s’enfuir en ricanant.



COMME UN BALAI, EN MOINS POILU ET PLUS ÉPAIS



Cette IA est un vrai gâchis, tant les premières heures de jeu sont un vrai plaisir, et témoignent d’un véritable effort de la part d’un studio bien décidé à remettre la série sur le droit chemin. On prend un pied fou à se déguiser en garde du corps, à pousser un jardinier dans la Seine, à se faire passer pour un reporter, un cuisinier ou même un mannequin. Le trip Cluedo à l’envers marche très bien, et le jeu nous invite naturellement à explorer ce premier environnement. Sans même chercher à réaliser un grand score, l’envie de recommencer pour expérimenter de nouvelles méthodes s’impose à nous, tous les systèmes de contrats, défis et récompenses ne faisant que renforcer l’envie d’en voir un peu plus. Chaque mission réussie valide différents défis, exploits et découvertes insolites pour vous faire gagner des niveaux de maîtrise de la zone, jusqu’à 20. Chaque palier débloque des objets supplémentaires, mais aussi des Chevaux de Troie sous forme d’armes accessibles dans le château, et même la possibilité de commencer déguisé sur les lieux du crime.

Le travail de Io-Interactive sur la durée de vie et la rejouabilité est très bon, à l’image du mode Escalade, le plus réussi à nos yeux. Une seule série était disponible pendant le test, mais réussir à compléter les cinq étapes demande de réellement bien connaître la zone et tout ce qui s’y passe. Une fois lancée, le jeu vous impose à chaque étape de nouvelles contraintes, et désactive la sauvegarde durant la mission. La disparition de ce joker renforce l’idée de devoir repérer les lieux et les explorer minutieusement avant d’en finir avec votre cible. Par exemple, après avoir tué une première fois le colonel moutarde, l’avoir refait en étant déguisé en soldat, puis en ayant dérobé le contenu d’un coffre-fort, le jeu s’amusera une dernière fois en vous interdisant de toucher un personnage sans le tuer. Disposer du bon costume au bon moment demandera une vraie préparation, qui manque aux missions principales. Pour les joueurs qui connaissent la série, les vrais défis seront probablement à chercher de ce côté-là.



RIEN N’EST VRAI, TOUT EST PERMIS !



Ces lacunes d’IA seront peut-être corrigées, mais en l’état le jeu fait le grand écart entre son envie d’être réaliste, et celle compréhensible de rester fun et accessible au plus grand nombre. Malheureusement, le manque de finition constaté lors de la preview se confirme pour la version PlayStation 4. Les temps de chargement sont bien trop longs, et si vous êtes du genre à recommencer pour ne pas être repérés, il sera souvent plus simple de terminer quand même la mission et engranger quelques points supplémentaires. De la même manière, l’accès au menu met la console à genoux, jusqu’à prendre parfois dix secondes pour simplement afficher la carte de la zone. En revanche, une fois le jeu chargé et sans essayer d’accéder au menu, le jeu est stable. Précisons qu’il est possible de débrider le nombre d’images par secondes ou de le laisser bloqué à trente sur console, ce qu’on vous recommande pour éviter les sursauts quand vous traversez une foule. Le jeu est au final moins impressionnant qu’Absolution, mais l’ouverture des niveaux avait forcément un coût. Pas sûr que de simples patches suffisent à corriger définitivement ces soucis techniques par contre.

Etant donné qu’il s’agit d’un “service”, Hitman est quasiment injouable sans connexion internet. Vos exploits, vos statistiques ou simplement les missions annexes sont inaccessibles si vous n’êtes pas connectés au serveur, ou si celui-ci est en maintenance. Cette épée de Damoclès est à double tranchant, puisque le mode en ligne permet de jouer au mode escalade et au mode contrats. Hérité d’Absolution, ce mode permet très simplement de créer vos propres missions d’assassinats. Mais attention, pour ce faire vous devrez tout d’abord tuer vous même la cible avec l’arme et le costume de votre choix, et réussir à vous en sortir vivant avant d’envoyer le défi au reste du monde. Cette idée est très bonne, mais on fait finalement trop vite le tour du contenu proposé par ce premier pack. Il ne faut que quelques heures à un joueur expérimenté pour gagner l’essentiel des niveaux de maîtrise, et d’enchaîner ensuite en boucle les contrats lancés par les joueurs. L’envie de découvrir un autre environnement provoque petit à petit la frustration, et, en définitive, le modèle de diffusion au compte-gouttes ne correspond pas aux joueurs qui souhaitent s’investir durablement.



Le bilan pour ce premier épisode de Hitman se doit d’être particulièrement nuancé, tant le jeu souffle le chaud et le froid. Tout d’abord le jeu souffre d’immenses carences techniques sur consoles, avec des temps de chargement et d’accès aux menus intolérables. Même s’il s’agit d’un jeu vidéo, l’IA effectue en permanence le grand écart entre les excès de zèle et une stupidité à vous donner envie de coller des baffes. Les aspirations de réalisme et de cohérence rentrent trop souvent en conflit avec l’impératif de conserver l’ensemble amusant et fun. Et, par-dessus tout, le modèle de distribution nous pousse à déconseiller l’achat aux plus acharnés, qui seront probablement frustrés par le manque de contenu. Mais comprenez bien que cette si cette frustration existe, c’est que le jeu est suffisamment prenant et amusant pour ressentir le besoin d’en voir plus. Hitman reste en retrait par rapport à Blood Money, mais s’en rapproche tout de même bien plus qu’Absolution. Le retour d’une grande zone ouverte avec des dizaines de cibles potentielles et autant de manières de vous en débarrasser marque le retour du jeu d’assassinat qu’on attendait. Avant d’envisager de franchir le pas, il est donc essentiel de connaître vos propres attentes. De notre côté, on a réellement hâte de voir le jeu fini ; les bases posées dans ce premier environnement laissent voir un vrai potentiel. Mais c’est peut-être là que se situe la plus grande inconnue du modèle épisodique : est-ce qu’il ne serait pas préférable au final d’attendre quelques mois pour avoir un jeu complet, avec pas mal de bugs en moins et peut être même de nouvelles idées ? C’est finalement cette question que vous devrez vous poser.


6

HONNÊTE


Les plus

  • C’est beau et fluide
  • Les déguisements de nouveau utiles
  • Le trip Cluedo à l’envers
  • Le mode escalade

Les moins

  • Les temps de chargement
  • Et d’accès au menu
  • Une IA bête à manger du foin
  • On voit trop vite les limites du jeu
  • Modèle pas adapté aux core gamers


  • Prix de lancement : 59.99 €
  • Genre : Infiltration
  • Éditeur : Square Enix
  • Développeur : Io-Interactive
  • Univers, suites : Hitman
  • Disponible
  • 11 mars 2016 (France)
  • 11 mars 2016 (États-Unis)
18 ans et plus