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Mise a jour terminé Nous somme le Jeudi 22 février 2018

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Ex : Tomb raider, League of legend



ATTACK ON TITAN


 

Tags : PS4, Action
Ce test de ATTACK ON TITAN a été réalisé à partir d'une version éditeur.
Qualité du test pour ce jeux : 

Pour les anciens, les initiales SnK resteront à jamais associées à quelques-unes des plus belles pages du jeu vidéo. Chez les plus jeunes, elles désignent surtout ce manga / anime en vogue, l'un des rares à avoir eu l'honneur d'une diffusion sur la TNT en deuxième partie de soirée. Avec Shingeki no Kyôjin, L'Attaque des Titans, Hajime Isayama a exposé au grand jour les plus bas instincts de l'humanité, ce qu'elle a dans les entrailles, viscéralement. Et comme toute licence multi-millionnaire, c'est au tour des jeux vidéo de nous assaillir pour saigner notre porte-monnaie. Après Spike Chunsoft sur 3DS et en attendant Capcom en arcade, place à Koei Tecmo, devenu l'un des spécialistes des adaptations de manga en l'espace de quelques années. Pour le pire, comme pour le meilleur.



MOVES LIKE JÄGER



Avis à ceux qui ont suivi la série animée sur Wakanim ou France 4, cette première adaptation sur consoles de salon couvre l'intégralité de la saison 1, s'arrêtant net "en pleine escalade", histoire de ne pas trop spoiler ceux qui l'auraient mise de côté pour un futur weekend dans le Perche. Dans ce cas, on rappellera que L'Attaque des Titans raconte la survie illusoire d'une humanité acculée dans des cités fortifiées, sous la menace constante de colosses aussi ahuris que cannibales. Face à ce déferlement de violence se dressent des têtes brûlées comme Eren Jäger, un jeune orphelin qui à l'issue d'une formation brillante intégrera le bataillon d'exploration, le seul détachement habilité à s'aventurer "au-delà du mur". Leurs atouts : une certaine forme d'inconscience et une grande maîtrise des manoeuvres tridimensionnelles, grâce au kit de déplacement qui leur permet de voler comme autant de parasites autour d'une même proie, avant de cibler et sectionner le seul point faible connu des Titans. Leur nuque.

Rendre compte de la vivacité de ce système de propulsion : de loin le défi le plus épineux quand on s'attaque à Shingeki no Kyôjin. Une caméra en roue libre, des saccades pétées ou un manque de sensations, et tout l'édifice risque de se déliter. Si les développeurs d'Omega Force ont longtemps tâtonné de leur propre aveu, le résultat est clairement à la hauteur des attentes. Une simple prise d'élan, deux voltes accroché aux remparts, et on a déjà l'impression d'y être, entre les bruitages, les petits effets de flou et les décharges plein gaz qui donnent encore plus de patate aux moindres impulsions. Toutes proportions gardées, on est encore loin des sensations de vol plané que peuvent offrir des Just Cause 3 ou des Batman Arkham Knight, mais on n'a aucun mal à prendre ses repères, le moteur étant particulièrement tolérant sur les appuis et les distances d'envol. OK, il arrive de temps à autres de voir le perso se manger une façade plus élevée pour avoir trop incliné le stick vers l'avant, mais une fois pigé quelques réflexes de base, le ballet aérien est tout simplement grisant.



NOT QUITE MY TEMPO



Jouer à L'Attaque des Titans revient à suivre une rythmique de métronome ; pas évident de raccrocher les wagons en cas d'embrouille, surtout que l'interface surchargée n'aide pas, mais un plaisir inouï quand tout le monde joue à l'unisson. La mission tuto auprès de la 104ème brigade permet justement de se faire la main pour imprimer la séquence. Ciblage du titan. Accroche de la courroie. Rotation autour du colosse, jusqu'à trouver l'angle d'attaque en lockant la jambe, le bras, la nuque. Et foncer, fondre, sur la proie, en lâchant tout, surtout les gaz, pour tailler dans le vif, noyé dans le sang. S'il tombe, cibler le suivant. S'il résiste, reprendre une nouvelle impulsion pour finir le travail. Autant d'actions qui supposent un minimum de mémorisation, et donc un petit temps d'adaptation ; les premières missions peuvent vite tourner à la parodie de Shingeki no Kyôjin, entre la mauvaise impulsion qui finit droit dans le mur, le coup de slash dans le mauvais timing ou pire, l'attaque portée de face, fatalement vouée à l'échec. Mais une fois que tous les éléments s'imbriquent, on prend part à une véritable chorégraphie.

La violence est d'autant plus palpable que, et c'est sans doute sa plus grande limite, les titans ne représentent pas vraiment la moindre menace dans les deux principaux modes de difficulté. Hagards, peu mobiles, attentistes : en respectant la montée en gamme du loot, grâce aux matériaux récupérés en fin de mission et / ou en démembrant les Golgoths, on a vite fait de déséquilibrer les rapports de force, là où le manga fait toujours un peu planer le doute sur la disparition impartiale des seconds rôles, tel un Game of Thrones du shônen. Attack on Titan est assez généreux en droits à l'esquive (qui font office de jauge de santé), et, côté ressources, les unités de ravitaillement essaiment la carte pour fournir gaz, lames et sprays sans avoir à se lancer dans un détour. Le mini-jeu qui survient dès qu'un géant vous saisit est facilement remporté même en martelant mollement la touche. Dans ces conditions, porter secours aux unités en danger ou valider les missions scriptées qui poppent d'un bout à l'autre de la carte, comme chez le cousin Dynasty Warriors, ne pose pas vraiment de problème, au moins jusqu'à l'arrivée de "certains titans" chapitre 3 ; on peut se faire des alliés au passage, histoire de grignoter encore plus facilement les jauges de résistance des géants. Certains personnages plus faibles ou moins véloces, comme Armin, pourront même déclencher manuellement les assistances de ses supérieurs (notés A ou S), histoire de les laisser décapiter à tout va. C'est son côté "stratège".



ON S'EN MORD LES DOIGTS



Les joueurs plus exigeants auront raison de penser que SnK passe un peu à côté du thème. Les autres prendront plus simplement leur pied, comme une variation sur le thème de Dynasty Warriors, plus aérienne, un brin répétitive, même si le fait de sortir un peu de la ville, cheval en pogne, relance un peu la formule en limitant les possibilités d'envol. Comme chez le modèle, on alterne phases de camp pour crafter de nouveaux items, cinématiques fidèles au matériau d'origine, phases de jeu et debrief. Une mécanique limpide à laquelle on ne déroge pas vraiment... Réparti sur quatre chapitres et une petite dizaine d'heures, le mode Histoire essaie pourtant d'intégrer quelques dizaines de missions annexes à cocher sur une liste. On aura aussi l'opportunité de rejouer les anciennes pour les rares où l'on n'aurait pas décroché le rang S, tout en déverrouillant des personnages annexes pour le mode Libre. Force est d'admettre que les zones de jeu ont quand même du mal à se renouveler, une homogénéité qui cela dit se retrouvait déjà dans le manga d'origine. Sorti des missions d'escorte et des transformations qui débouchent sur un pseudo jeu de combat binaire, cette première adaptation a du mal à masquer le manque de contenu. Reste la promesse d'un mode de difficulté plus nerveux à débloquer en bouclant l'intégralité du solo, de quêtes end-game un peu plus relevées, et surtout d'un mode en ligne à quatre qui fera l'objet d'une mise à jour massive courant mars.

Apprécions le jeu pour ce qu'il est, une adaptation souvent en phase avec le manga, qui reproduit avec une application minutieuse les environnements à la façon du dessin animé. On apprécie aussi la volonté de préserver les attitudes des personnages, comme Levi et Mikasa, des machines à tuer qui peuvent sabrer plusieurs fois en un seul assaut au gré des montées en niveau. Si les modèles des "héros" sont relativement banals et peu détaillés - rien à voir cela dit avec le récent Arslan, du même studio - Attack on Titan retient l'attention pour sa fluidité honorable et son sens du spectacle. Peut-être trop parfois, surtout si vous êtes allergiques aux freezes au moindre coup porté (façon Zelda) et aux angles de caméra qui ont parfois du mal à suivre. Sans atteindre des sommets techniques, la faute à un pop-up vraiment trop voyant quand on s'attarde sur les distances d'affichage, le jeu maintient de bons standards, au moins pour la version PlayStation 4 qui a servi au test. Précisons que le jeu est cross save, avec transferts des sauvegardes en cloud même pour ceux qui ne seraient pas membres PlayStation Plus. Toujours ça que les titans n'auront pas.



Capable du meilleur comme du pire, Koei Tecmo s'est en tout cas montré à la hauteur de L'Attaque des Titans, en signant une adaptation soignée et totalement dans l'esprit de l'oeuvre. Tout y est, entre l'atmosphère de désespoir, la vivacité des envols et les geysers de sang. Une fois la rythmique assimilée et les ciblages bien en tête, on a le sentiment d'être emporté dans un tourbillon de violence, tournant autour des colosses comme un torero qui attend de planter la banderille. Le rapport de force tourne d'ailleurs beaucoup trop en faveur des humains dans les principaux modes de difficulté, un déséquilibre qui paraîtra peut-être un peu hors-sujet, et qui rend du même coup le concept un peu trop répétitif passé les premières missions. On retiendra que Koei Tecmo s'est sorti avec les honneurs d'un vrai guêpier, posant de belles bases pour une inévitable suite.


6

HONNÊTE


Les plus

  • Une adaptation totalement dans l'esprit
  • Les sensations grisantes d'envol
  • Mécaniques de progression bien huilées

Les moins

  • Les titans ne représentent pas une menace
  • Manque de variété dans le contenu
  • L'interface surchargée
  • Pas mal de pop-up


  • Genre : Action
  • Éditeur : Koei Tecmo Europe
  • Développeur : Omega Force
  • Univers, suites : Shingeki no Kyôjin
  • Dispo Japon
  • 2016 (France)
  • 2016 (États-Unis)
  • 18 fevr 2016 (Japon)
  • Multijoueur