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Mise a jour terminé Nous somme le Jeudi 22 février 2018

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Ex : Tomb raider, League of legend



FAR CRY PRIMAL


 

Tags : PS4, FPS
Ce test de FAR CRY PRIMAL a été réalisé à partir d'une version éditeur.
Qualité du test pour ce jeux : 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que pour une fois Ubisoft n'aura pas fait les choses à moitié. Sans doute conscient d’avoir fait le tour du concept avec un Far Cry 4 efficace mais paresseux, l'éditeur français s'est lancé dans un sacré remaniement de sa série FPS en faisant un bond de quelque 12.000 ans en arrière. Une galipette aussi inattendue que surprenante qui nous entraîne en pleine Préhistoire, une période joyeuse où l'on savait encore savourer des plaisirs simples comme la cueillette, la chasse à l'arc ou l'explosion de boîte crânienne à coups de gourdin. Ah, c'était le bon vieux temps !



SURVIVRE À LA NATURE, MAIS AUSSI SURVIVRE AUX AUTRES !



Nous voici donc en -10.000 avant J.C., au début du Mésolithique, à une époque sauvage, primitive, impitoyable, où l'Homme n'était pas franchement au sommet des réseaux trophiques. On le découvre dès les premières secondes de l'aventure quand notre héros, Takkar, et ses compagnons décident de s'en prendre à un jeune mammouth qui a eu le malheur de s'isoler de son troupeau. Malgré le surnombre et une attaque surprise à la faveur d'une approche furtive à l'abri des herbes hautes, les pauvres homo sapiens et leur dérisoire arsenal en bois devront lutter âprement avant de voir la bête finalement s'écrouler sur le sol - non sans avoir embroché entre temps quelques camarades de ses puissantes défenses.

Mais alors qu'elle s'apprête à dépecer l'animal, un tigre à dents de sabre s'invite au festin et envisage notre petite troupe comme mises en bouche. Dans la précipitation, tentant d'échapper au prédateur, Takkar fait une terrible chute dans un précipice. Même s'il se réveille finalement sain et sauf, notre cro-magnon se retrouve toutefois complètement livré à lui-même dans une contrée inconnue : Oros. C'est ici que commencera son aventure, notre aventure. Une lutte pour survivre face à une nature hostile avec l'espoir de retrouver les Wenjas, sa tribu, et de les aider à prospérer et évoluer vers un futur meilleur.

Malgré un travail assez remarquable sur les cut-scenes qui participent parfaitement à nous plonger dans cet univers primitif, l’histoire de Primal ne passionne pas outre mesure. Primitive elle aussi, elle est en plus parasitée par la myriade de personnages secondaires qui iront tous de leurs petites quêtes annexes peut-être un peu trop détachées des enjeux principaux. On s’éloigne donc de la maîtrise des deux précédents chapitres et leurs méchants psychopathes qui faisaient le show. Le fameux dialecte créé pour le jeu fait des merveilles côté immersion, mais impose de facto des dialogues basiques, forcément moins intéressants à suivre. Dommage également que le titre recycle à ce point certaines situations des précédents volets. C’était pourtant l’occasion rêvée de faire table rase et de se lâcher un peu sur la créativité.



MAMMOUTH ÉCRASE LES PRIX, MAMIE ÉCRASE LES...



En bon Far Cry, Primal marque avant tout par son cadre de jeu qui rompt avec la philosophie "carte postale" de la série, mais réussit haut-la-main le challenge "dépaysement et immersion". Oros est une source d'émerveillement assez intarissable avec un bon paquet de panoramas qui chatouilleront les amoureux de nature et de liberté. Que l’on parcoure les plaines verdoyantes du sud, les luxuriantes forêts entourant notre village ou les glaciales terres enneigées du nord, on en prend à chaque fois plein les yeux avec une nature généreuse, détaillée, grouillante de vie et s’étalant à perte de vue. Les paysages sont d’ailleurs parfaitement mis en valeur par des jeux de lumière convaincants qui viennent enrichir encore un peu plus des graphismes souvent bluffants pour un open world.

On trouvera bien un peu d'aliasing qui picote et des soucis de clipping avec des éléments qui poppent parfois trop tardivement quand on s'en approche. Mais dans les grandes lignes, Primal fait le boulot et garde surtout un frame rate parfaitement stable quelles que soient les situations. En probables clins d'oeil aux peintures rupestres de l'époque, la direction artistique tire volontiers vers les tons ocres et marrons quitte à parfois trop en faire (notamment à l’aube et au crépuscule). Mais la cohérence et la richesse de l’ensemble ont tout ce qu’il faut pour séduire et donner envie d’explorer Oros, encore et encore.



DIANTRE, DES ANTHROPOPHAGES !



Far Cry Primal propose donc une véritable plongée dans l'état de nature, le vrai, bien plus terrible et délétère que dans les pires écrits de Hobbes. Si notre quête pour recruter des Wenjas nous fera croiser des Hommes "gentils", deux autres tribus, les Udam et les Izila, vous feront vite comprendre ce que le mot "sauvage" veut dire. Ici, tout se règle à coups de gourdin, de lance et de flèches. À leurs yeux, un autre humain croisé est au mieux un ennemi, au pire un dîner à déguster bien grillé. Oui, l'homme est un salaud pour l'homme, et c'était déjà le cas il y a plusieurs millénaires. Dans ces conditions, on aura tôt fait de se confectionner un petit arc rudimentaire et de tailler deux, trois sagaies pour planter ses cibles tout en gardant un minimum ses distances.

Âge de la pierre oblige, notre arsenal sera bien limité. Oubliez les shotguns, RPG et autres fusils d'assaut russes. Ici, c'est Koh Lanta en mode berserk : on arrache un bout de bois, on clique sur deux boutons et on obtient un gourdin bien crasseux pour littéralement écraser les membres de la tribu adverse. Même pas besoin d'attendre un jeu de confort pour se faire plaisir. Les plus malins l'auront compris, mieux vaut faire le plein de ressources (du bois, notamment) avant de partir à l'assaut d'un campement pour éviter de tomber à court de flèches au mauvais moment. Ubisoft Montréal a pris le parti de garder un système extrêmement souple et immédiat ; la confection d'armes et de munitions se fait donc à la volée en un quart de seconde, quand bien même on est en plein combat. Un choix qui fera s'étrangler les amateurs de “réalisme" (et pour cause), mais qui a le mérite d’offrir des affrontements fluides, nerveux… et d’une rare brutalité.



CORPS-À-CORPS CAVERNEUX



Evidemment, avec seulement deux armes pour le combat à distance, l’arc (tir) et les sagaies (jet), et en considérant en plus leur relative lenteur, il ne sera pas rare de devoir finir ses victimes au gourdin (à une ou deux mains, selon les goûts) avec tout ce que cela implique de craquements d’os et de contre-attaques violentes qui secouent la caméra dans tous les sens. On y perd parfois en lisibilité, notamment lorsque l’on est assailli de toute part et que l’on finit par perdre de vue nos vis-à-vis, mais c’est sans doute la rançon de la foire.

Quoi qu’il en soit, comme ses prédécesseurs, Primal incite beaucoup à la discrétion. Quand on prend en compte la relative fragilité de notre héros et la puissance de certains ennemis croisés, on comprend qu’il vaut mieux se la jouer finaud : prendre le temps d’observer tapi dans un buisson plutôt que de filer comme un maboule vers le premier lascar venu. Symbole de la série depuis ses débuts, l’arc sera ici la star, votre meilleur ami capable de faire taire un malotru d’un simple headshot. On appréciera sinon un bon coup de silex taillé dans la carotide en se faufilant dans le dos d’un gars, ni vu ni connu. Au cas où les choses dégénéreraient trop radicalement, on pourra toujours faire le ménage efficacement avec des simili-grenades incendiaires ou toxiques, ou carrément en balançant un essaim de guêpes pour ceux qui préfèrent les bonnes vieilles recettes de grand-mère.



PRIMAL EMPLOI



Malgré un cadre radicalement novateur, Primal s'inscrit donc largement dans la lignée des précédents épisodes en articulant son aventure autour d’un gameplay de FPS mêlant toujours action et infiltration et en proposant des missions souvent basées sur l’attaque de campements ou bastions ennemis. Néanmoins, l’absence de véhicules, l’arsenal réduit et fort rudimentaire, bref, l’ancrage de cet épisode dans une époque inédite et radicale donne un vrai souffle nouveau à la recette Far Cry.

Ce léger goût de déjà-vu auquel on ne s'attendait pas vraiment est en fait contrebalancé par une évidence : le gameplay de la série n'aura jamais autant semblé à sa place que dans cet épisode. Une observation qui trouve sa plus parfaite démonstration avec le crafting. Si voir un jeune touriste américain découper un grand requin blanc pour se confectionner une sacoche à grenades pouvait paraître farfelu, voir un cro-magnon dépecer un loup pour s'en faire un manteau l'est beaucoup moins. Non content d'augmenter le nombre de pièces d'équipement à créer et améliorer, Primal donne du sens à un pan entier du jeu. Il reprend également le principe des compétences à débloquer au fil de notre aventure et les enrichit suffisamment pour que l'on ait la sensation de modeler un personnage à son image.

Le jeu réussit donc à mettre en place une belle mécanique de montée en puissance du héros et donne du coup sacrément envie de partir explorer Oros dans tous les sens pour gagner de l'XP en goûtant à la myriade de missions secondaires/facultatives proposées çà et là ou de chasser loup, ours et mammouth, histoire de charger son sac magique de tout un tas de ressources indispensables à notre réussite. On regrette simplement la légère redondance des activités proposées. Si elles promettent une durée de vie bien généreuse au titre, elles souffrent tout de même légèrement du syndrome remplissage d'open world comme c'est trop bien le faire Ubisoft. Mais la construction du jeu autorise tellement le picorage au gré de nos déambulations que la monotonie n'a jamais vraiment le temps de s'installer. On saluera d'ailleurs la disparition du principe tarte à la crème des tours d'observation à escalader pour débloquer toutes les activités d'une zone. Primal se contente d'un fog of war qui se dissipe simplement en explorant. Champagne ?

La progression de cet épisode est également liée au développement de notre tribu qui pourra rappeler des petites choses notamment vues dans le vénérable Assassin's Creed III (oui, oui). En parcourant le monde, on sera amené à libérer ou rallier de nouveaux membres qui rejoindront notre village et le développeront pour vous offrir quelques bonus et ressources bienvenus. Des PNJ particuliers auront également leurs propres lots de missions annexes plus variées. À notre tour, il faudra aussi les aider à s'installer dignement en leur apportant les ressources nécessaires à la construction et l'amélioration de leur hutte, avec encore à la clé de belles poignées de points d'XP qui vont bien. On l'aura compris, malgré une trame principale efficace, mais pas toujours très inspirée, Primal développe une aventure particulièrement riche, à déguster un peu comme bon nous semble.



30 MILLIONS D'ENNEMIS



L'autre traceur de la série sublimé par cet épisode, c'est la faune. C'est déjà quelque chose de voir passer paisiblement des troupeaux de mammouths, de croiser la majestueuse silhouette d'un grand élan ou de batailler face à un tigre à dents de sabre. Mais la profusion de bestioles en tout genre donne littéralement vie à Oros. Les animaux interagissent entre eux pour encore un peu plus crédibiliser l'aire de jeu. Les prédateurs rôdent, chassent leur proies, les rapaces tournoient autour de carcasses... On évolue dans un véritable microcosme plutôt intimidant de prime abord. Avec une belle proportion de prédateurs naturels, on n'en mène vraiment pas large au début de l'aventure. Le très joli travail réalisé sur les bruitages y est d'ailleurs pour beaucoup. Un cri bizarre par ci, un rugissement féroce par là... On se sent tout petit et faible avec notre pathétique petit arc. Et ce sera encore pire à la nuit tombée. Non seulement la visibilité réduite réserve de bien mauvaises surprises, mais en plus les bêtes seront moins farouches et se montreront bien plus agressives. On sera alors bien content de pouvoir enflammer gourdin et flèches pour les faire fuir (ou les cramer).

Mais à terme, Takkar va découvrir un pouvoir qui va sérieusement changer la donne. Après un trip pas très légal grâce au chaman du coin, notre bonhomme va pouvoir littéralement entrer en communion avec certains animaux, les apprivoiser pour s'en faire de puissants alliés. On aura tout d'abord la chouette que l'on appelle d'un clic sur la croix directionnelle. On pourra alors voir le monde à travers ses yeux et survoler des campements ennemis pour repérer leurs positions, les marquer et même (sous réserve d'upgrader ladite bête) exécuter un garde d'un bon coup de serre dans la calebasse. Défileront par la suite à peu près toutes les bestioles croisées dans Oros. Un bout de viande pour appâter l'animal, un peu de sang froid pour l'approcher pendant son repas et, hop, elle se laissera papouiller comme le plus adorable chihuahua blanc de la terre. Dès lors, votre nouveau copain poilu vous suivra à la trace, vous défendra naturellement contre les menaces et foncera sur les proies que vous lui désignerez. Certaines espèces pourront même vous rendre de vrais services en créant des diversions, dépeçant à votre place, etc. À vous d'explorer toutes les possibilités qui s'offrent à vous et de choisir la bébête qui vous ira le mieux en fonction des situations.

Petite ombre au tableau de ces réjouissances animales, l'I.A. de tout ce petit monde est parfois un poil capricieuse. Le nombre d'interactions en jeu pourra avoir raison de leur rationalité et donner lieu à quelques scènes cocasses comme un loup filant dans un village sans que personne n'y prête attention ou, à l'inverse, des villageois mouillant leur slip en kangourou alors qu'il n'y a pas la moindre menace dans les parages. Rien de foncièrement gênant, mais l'immersion en prend toujours un petit coup à chaque fois. En mission, les ennemis seront, eux, assez retors et tenaces, fouillant les recoins où ils vous auraient aperçus, appelant des renforts en cas de grabuge... On note là aussi quelques rares soucis comme des syndromes d'Alzheimer éclair ou, au contraire, de vision ultra perçante à travers les murs, mais rien de rédhibitoire ou de très handicapant. Seul vrai regret, les combats de boss sont assez pénibles, maladroitement longs et artificiellement durs. Mais on y croit : un jour, Ubisoft saura faire des combats finaux réussis.



Contrairement à ce que l'on pouvait imaginer, Far Cry Primal ne révolutionne pas vraiment la formule de la série. À bien des égards, ce nouvel épisode recycle même des pans entiers de gameplay et de game design de ses prédécesseurs. Mais, curieusement, ces éléments trouvent ici une telle légitimité qu'il en paraissent presque transfigurés. Crafting, évolution du héros, combats brutaux... Primal réinterprête tout cela à la sauce mésolithique et leur donne une nouvelle dimension qui fait facilement passer l'impression de déjà-vu. Et surtout, Oros, la terre préhistorique qui accueille cette nouvelle aventure, est tellement bluffante, dépaysante à souhait, riche et variée qu'on ne se lasse jamais de l'explorer encore et encore pour en découvrir tous les secrets et recoins. Ça tombe bien, de ce point de vue, Primal est aussi velu qu'un mammouth.


7

BON


Les plus

  • Le Mésolithique, un cadre osé et formidable
  • Oros, une aire de jeu réjouissante
  • Réalisation qui assure
  • Le crafting, à sa place comme jamais
  • Un contenu costaud
  • Un gameplay qui a fait ses preuves...

Les moins

  • ...mais pas vraiment novateur
  • Histoire en retrait
  • Redondance de certaines missions
  • Des bugs d'I.A.


  • Prix de lancement : 59.99 €
  • Genre : FPS
  • Éditeur : Ubisoft
  • Univers, suites : Far Cry
  • Disponible
  • 25 fevr 2016 (France)
  • 23 fevr 2016 (États-Unis)
  • 7 avr 2016 (Japon)