Merci de désactiver votre bloqueur de publicité celle-ci ne sont pas gênantes et finance en partie le site internet.
Mise a jour terminé Nous somme le Jeudi 22 février 2018

Devenir Premium
Ex : Tomb raider, League of legend



FIREWATCH


 

Tags : PS4, Aventure
Ce test de FIREWATCH a été réalisé à partir d'une version éditeur.
Qualité du test pour ce jeux : 

Voilà bientôt deux ans que Firewatch capte les regards de façon inexorable, comme autant de papillons attirés par la lumière artificielle. Il faut dire que sa direction artistique, inspirée et supervisée par l'illustrateur britannique Olly Moss, se grave facilement sur les rétines. On doit ce jeu d'aventure à la première personne en plein parc national du Wyoming à Campo Santo, un jeune studio indépendant fondé en Californie par d'anciens salariés de Telltale et Klei, vite rejoints par des transfuges de Double Fine, Lucasarts ou encore 2K Marin. Un peu vite rangé dans la catégorie des "simulations de marche", même si la randonnée au coeur de paysages naturels très stylisés constitue une des activités principales du titre, il souhaite aussi explorer la psychologie de ses personnages en même temps que celles des joueurs. La bonne nouvelle, c'est qu'il y arrive de façon admirable, en dépit de problèmes techniques gênants et de faiblesses dans sa narration.

Henry a beau être habile de ses mains et ne jamais fatiguer lorsqu'il court, il est tout l'opposé du héros de jeu vidéo athlétique sans états d'âme. Le prologue mi-textuel, mi-interactif de Firewatch nous donne un petit aperçu de son apparence physique grâce à des choix astucieux, mais c'est avant tout son histoire et sa psyché qu'on découvrira tout au long de l'aventure. Celle d'un homme dont le couple est sur le point de se briser, en raison d'une maladie neurodégénérative dont sa femme est victime. Devenu alcoolique et anxieux face à des choix de vie de plus en plus difficiles, Henry postule sur un coup de tête pour un boulot estival de garde forestier, qui pourrait lui remettre les idées au clair tout en aidant à lutter contre les incendies dans un des grands parcs nationaux de l'Ouest américain. Malgré une liaison radio constante avec une certaine Delilah chargée de le guider et de le former au métier, son séjour dans les étendues sauvages du Wyoming va s'avérer plus imprévisible qu'escompté. Tant mieux pour nous, car les plans qui se déroulent sans accrocs sont rarement les plus intéressants. A l'instar de nombreux jeux misant beaucoup sur la qualité de leur écriture, Firewatch est assez vulnérable aux spoilers. On fera des efforts pour ne rien gâcher d'essentiel à l'intrigue, mais sachez que vous prenez quand même un risque mesuré en poursuivant la lecture de ce test.



HEY THERE, DELILAH



C'est une fois arrivé jusqu'à la tour de guet de Two Forks, point de repère et refuge au fil des jours passant de manière elliptique, que l'on est plongé pour de bon dans le jeu et ses mécaniques. A l'aide d'un excellent doublage (anglais uniquement pour l'instant), de mots en surimpression (pas encore en français non plus) et d'une interface peu chargée, Firewatch fait comprendre en quelques minutes la majorité des actions nécessaires pour interagir avec son monde et dérouler son scénario. Toutes les choses que l'on peut ramasser, inspecter ou conserver sont clairement indiquées, alors que d'autres sont là juste pour rendre les décors crédibles et ne se touchent qu'avec les yeux. Pas d'inventaire ni de gestion des ressources au programme : vous utiliserez automatiquement l'objet adéquat lorsque la situation le demande si vous l'avez récupéré plus tôt et l'ingestion de nourriture ne remplira aucune jauge de faim ou de santé, car la survie d'Henry ne repose jamais sur des systèmes de jeu. Ca ne veut pas dire que l'on se sent toujours en sécurité pour autant, mais ne vous attendez pas à devoir ramasser du bois pour le feu, manger des racines bizarres ou trouver des points d'eau potable pour survivre au milieu de nulle part. On vous demande surtout de répondre (ou pas) à Delilah quand votre talkie-walkie s'excite, de vous rendre à des endroits précis du parc (en vous aidant d'un combo carte en papier + boussole à l'ancienne) et de fouiller un peu. Si ça n'a pas l'air bien compliqué, c'est normal : ça ne l'est jamais et c'est volontaire.

Tout comme dans la première saison mémorable du The Walking Dead de Telltale Games, écrite par un des fondateurs de Campo Santo, le gameplay repose davantage sur des réponses à choix multiples pendant les dialogues que sur les interactions corporelles, même si ces dernières contribuent au développement de l'intrigue. Si les QTE physiques ont été évincés de la formule, les décisions de parole en temps limité sont encore au rendez-vous, y compris celle de rester silencieux dans les moments de calme ou de panique. A défaut d'être nombreuses, les répliques ne sonnent jamais faux et soulignent parfaitement les contours des deux personnages principaux, tout en laissant de la place aux joueurs pour modeler la nature de leur relation à distance. Dommage que le jeu ne semble pas toujours prendre en compte les silences radio et force Henry à expliquer ce qui se passe quelques secondes ou minutes plus tard, surtout quand cela va à l'encontre directe d'une partie importante des enjeux du scénario. Un détail qui met à mal la notion de choix cruciaux et leur impact sur le déroulement de l'aventure principale, donnant plus dans les nuances autour d'un axe principal que dans les embranchements multiples. Les déçus de l'illusion entretenue par The Walking Dead (et bien d'autre titres avant ou après lui) feront donc mieux de passer leur chemin, d'autant que la résolution abrupte et presque trop simple d'un des arcs narratifs majeurs peut laisser sur sa faim.



FOR THE WATCH !



Néanmoins, le fait que Firewatch aborde largement la question de la confiance dans une relation et installe petit à petit une forme de paranoïa dans l'esprit des joueurs n'est pas anodin dans la façon dont on va percevoir les divers éléments de l'intrigue. Sans trop en dévoiler, c'est un jeu qui mise énormément sur les représentations mentales, les hypothèses qui peuvent jaillir d'une simple découverte. Il vous encourage à imaginer les explications les plus folles et lorsque la réalité vous rattrape, le château de cartes s'écroule pour laisser place à une solution plus terre à terre mais globalement plausible une fois qu'on réorganise les détails avec la tête froide. Dans ce sens, le titre arrive à déboussoler habilement les joueurs grâce à des pistes insignifiantes ou qui ne seront pas obligatoirement résolues. Reste que le moment où tout bascule du côté de la réalité arrive trop vite et n'est pas forcément bien amené, en particulier sur une expérience de trois à cinq heures, selon votre rythme de balade et votre propension à vouloir dénicher tous les petits secrets du jeu. Malgré la taille réduite de la carte et les passages qui se débloquent en fonction des besoins du scénario, il est tout de même possible de profiter tranquillement des paysages sublimes et de se créer des souvenirs à l'aide du bouton Share. Les développeurs ont également intégré un appareil photo jetable qui prendra tout son sens pendant le générique de fin, avec la possibilité de faire imprimer ses clichés contre un peu d'argent depuis la version PC uniquement, pour l'instant.

Des brumes de chaleur matinales aux couchers de soleil rougeoyants, en passant par les rayons divins à travers les arbres et les feux nocturnes hypnotiques, Firewatch est en effet un régal oculaire de tous les instants. L'absence de cycle jour/nuit, de météo dynamique et de textures photo-réalistes n'empêchent pas la réalisation artistique de briller d'un bout à l'autre de la portion de parc que l'on arpente, en marche régulière ou au pas de course. Sans être aussi riches qu'on pouvait l'espérer, en particulier sur la version PS4 qui peine souvent sur l'aspect technique, la faune et la flore détournent régulièrement l'attention de la mission en cours lorsqu'elles ne sont pas directement impliquées dans la trame narrative. Il faut malheureusement composer avec un grand nombre de saccades et de ralentissements sur console, sans oublier les moments (plus rares) où des portions entières de décors s'affichent à la bourre - voire pas du tout - quand on regarde vers l'horizon. Il faut ajouter à cela des mouvements de caméra qui donnent facilement la nausée aux personnes sensibles de l'oreille interne et un manque d'options pour remédier au problème à l'heure où ces lignes sont écrites. On espère sincèrement que Campo Santo ajoutera au moins un curseur de sensibilité pour la gestion du regard et un moyen de bloquer l'affichage à trente images par seconde pour rendre la découverte plus agréable à tous.


Les défauts potentiellement rédhibitoires de Firewatch ne doivent pas faire oublier les réussites indéniables du jeu. Qu'il s'agisse des dialogues extrêmement justes, humains et drôles quand il le faut, de la narration environnementale participant beaucoup à l'appréciation du scénario ou de toute la partie sonore qui n'ensablera jamais vos portugaises, le premier essai de Camp Santo a de sérieux arguments pour vous happer pendant quelques heures dans un récit interactif qui sait prendre aux tripes dès les premières minutes. Et même quand toutes les promesses ne sont pas tenues sur la longueur, au-delà des faiblesses techniques handicapantes pour un jeu qui se vend beaucoup sur ses visuels, il y a toujours une petite voix à la fin pour vous rappeler tout ce que vous avez appris et lié d'important en chemin.


6

HONNÊTE


Les plus

  • Direction artistique radieuse...
  • Ecriture humaine et prenante
  • L'ambiance, entre calme et oppression
  • Paysages à tomber par terre
  • La voix de Delilah (et le son en général)
  • Turt Reynolds

Les moins

  • ...gâchée par les soucis techniques
  • Sentiment d'inachevé dans le scénario
  • Cauchemar pour les victimes de cinétose
  • Pas encore de VOSTFR


  • Prix de lancement : 19.99 €
  • Genre : Aventure
  • Développeur : Campo Santo
  • En téléchargement uniquement
  • 9 fevr 2016 (France)
  • 9 fevr 2016 (États-Unis)