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Mise a jour terminé Nous somme le Jeudi 22 février 2018

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Ex : Tomb raider, League of legend



Unravel


 

Tags : PS4, Plates-formes
Ce test de Unravel a été réalisé à partir d'une version éditeur.
Qualité du test pour ce jeux : 

Lors de sa présentation à l’E3 2015, Unravel n’avait pas fait les choses à moitié, occupant même une belle portion de la conférence Electronic Arts. Entre deux salves de jeux de sport ou de FPS, le colosse américain avait choisi de consacrer une petite place à celui qui réunit sur le papier tous les éléments de la “petite pépite indé”. Ajoutant à sa recette une esthétique soignée, un personnage attachant et une musique larmoyante, Unravel s’appuie sur un concept qui mélange le puzzle à la plate-forme, et même une double lecture, puisque l’objectif consiste à reconstituer l’album photo familial en réunissant des fragments de mémoire. Ses belles ambitions pourraient placer le jeu à mi-chemin entre Limbo et LittleBigPlanet, mais il faudra auparavant qu’elles se confrontent à leur pire ennemi : la réalité.



TELLEMENT BEAU QUE T’EN CHIALES



Une fois n’est pas coutume, un simple coup d’oeil au jeu justifie d’aborder si tôt son incroyable rendu graphique. Cela n’arrive pas tous les jours, mais même en ayant vu les bandes annonces, voir le jeu tourner “en vrai” ravive les métaphores de la claque sur le museau. Ou de la tarte dans la gueule. Il n’est pas dans les habitudes de votre serviteur de s’émouvoir d’un style photo-réaliste, mais le mélange de photographies, de PBR et du changement d’échelle façon Chérie, j’ai rétréci les gosses fonctionne parfaitement. La cerise sur le gâteau étant les animations de Yarny, jamais prises en défaut pour maintenir le joueur en immersion. En bref, pour citer un vieux sage, c’est beau, c’est beau, on peut même dire que c’est beau.

Après avoir rapidement découvert les origines de notre petit héros laineux, il est temps de visiter la demeure qui servira de hub à toute l’aventure. Une rapide balade dans les différentes pièces donne une petite idée de la durée de vie, puisqu’il y a en tout douze photos pour autant de niveaux. Il faut compter environ cinq heures pour finir le jeu en ligne droite, et quelques tours de sablier en prime si vous souhaitez débusquer tous les éléments cachés. Chaque lieu correspond à un souvenir d’enfance, qu’il s’agisse de jeux dans le jardin de grand-maman, d’une randonnée en forêt ou d’une baignade dans les eaux (froides) d’un lac suédois. Quelques éléments de décor permettent de donner un nom à ces lieux bien réels, sans que l’on sache à aucun moment s’il s’agit du passé d’un des développeurs, ou tout simplement d’éléments pris au hasard dans le seul but de réaliser le terrible dessein d’Unravel : émouvoir le joueur.



INDIE GAME, THE PARODY



Cette grande ambition est visible comme un éléphant au milieu de la figure, et devient même très vite lassante tant les efforts de l’équipe nordique sont vains. Même si Yarny est tout à fait attachant, Unravel essaie en permanence de tirer les larmes sans jamais y parvenir. La faute revient en grande partie à une utilisation sans aucune subtilité d’une bande originale qui ne sortira jamais du registre du mélo. Ainsi, au lieu de laisser le joueur respirer en proposant des silences, la musique tente d’imposer une atmosphère triste en décalage avec l’action à l’écran. Pendant que les violons se lamentent de la perte d’un être cher, vous êtes tranquillement en train de rendre hommage au bousier, en poussant une petite pierre qui n’aura d’autre utilité que de vous faire atteindre une corniche trop élevée.

Et si la mayonnaise ne prend pas, c’est qu’il manque au jeu un véritable propos et au joueur un objectif plus attirant que celui d’arriver au bout. Les développeurs ne semblent avoir rien de particulier à nous dire et ne font qu’enchaîner des platitudes en ce qui concerne la nécessité de se souvenir des bons moments, de l’importance de passer du temps avec ses proches et surtout de respecter la nature en ne jetant pas des bidons de produits radioactifs dans les lacs, merci. Dommage donc, surtout qu’on s’interroge tout de même sur le destin de ce petit village suédois, mais Unravel ne fera que rester à la surface des sujets qu’il évoque avant de les évacuer rapidement. On en vient à se demander si le jeu n’aurait pas finalement gagné à se passer de cette couche narrative. Le pire étant la conclusion qui ne fait que démontrer l’absence de véritable fil rouge (vous l’avez ?) à cette aventure.



EASY TO LEARN, EASY TO MASTER



Après avoir débuté par les graphismes, il n’est pas si surprenant de conclure en abordant le gameplay d’Unravel. Yarny, de par sa nature, dispose d’une autonomie limitée par la longueur du fil qu’il déroule derrière lui. Notre petit héros trouvera tout au long de l’aventure des petites pelotes abandonnées pour reconstituer son stock et s’en servir de point de passage. Il dispose en outre d’un petit lasso avec lequel il peut soit s’accrocher à un objet, soit créer une liane. La prise en main est enfantine ; la gâchette gauche correspond à votre fil d’Ariane, la droite au lasso. En plus d’un saut et d’une capacité à attraper des petits objets pour les tirer ou les pousser, Yarny peut également tendre un peu de laine entre deux points pour jouer au funambule et se propulser en l’air. Et comme le monde est entièrement régi par la même gravité, la ressemblance avec LittleBigPlanet s’arrête au premier saut. Ce qui est en soi plutôt une bonne nouvelle pour ceux que la physique de Media Molecule n’avait jamais emballés.

Les occasions de se creuser les méninges se suivent et se ressemblent beaucoup trop malheureusement, la faute une absence quasi totale de difficulté dans Unravel. Il serait presque possible de réduire les situations rencontrées à deux types. Soit Yarny devra amener un petit objet du point A au point B pour s’en servir de marchepied, soit il faut activer un élément du décor pour libérer un passage. Mais quoi qu’il arrive, aucune raison n’est donnée pour expliquer cette nécessité d’aller vers la droite de l’écran. Le titre de Coldwood correspond parfaitement à l’idée d’easy gaming, un titre sans aucun réel challenge histoire de ne pas frustrer, qui s’adresse à un public de néophytes. La contrainte de la longueur du fil n’en sera jamais vraiment une, puisque les situations s’enchaînent en faisant toujours appel aux mêmes mécanismes. Les rares moments où le jeu résistera un peu plus se comptent sur les doigts d’une main et s’inspirent de Limbo pour leur cruauté totalement injustifiée. Ce décalage semble indiquer l’hésitation du studio à proposer soit un jeu tout public, soit d’essayer de surfer sur le retour en grâce du jeu rétro.



Malgré tout ce qu’on a pu lui reprocher ici, Unravel n’est absolument pas mauvais, mais n’en devient pas pour autant un grand jeu. A la manière de certaines productions à gros budget, il se cantonne à un gameplay simpliste, des thématiques traitées en surface et n’essaie jamais de prendre le moindre risque, préférant se cacher derrière son esthétique, certes incroyable, et sa bande son mélodramatique en espérant donner le change. Une fois le choc visuel passé, Unravel se présente sous la forme d’un sympathique jeu de plates-formes qui se déroule aussi facilement que toutes ces pelotes de laine dont on parle depuis le début. A vous donc de le prendre en connaissance de cause, et d’orienter plutôt vers le jeune public ou vers un public plus novice afin de leur permettre de découvrir un peu plus notre cher média. Il ne reste plus qu’à espérer que Coldwood brise l’armure pour un prochain épisode, et se rappelle qu’en jeu vidéo comme ailleurs, les actes valent plus que les paroles.


6

HONNÊTE


Les plus

  • C’est très beau
  • Les animations soignées
  • Yarny

Les moins

  • Easy gaming partout
  • Challenge nulle part
  • Enchaîne les platitudes
  • Bande son inadaptée


  • Genre : Plates-formes
  • Éditeur : Electronic Arts
  • Développeur : Coldwood Interactive
  • En développement
  • 9 fevr 2016 (France)
  • 9 fevr 2016 (États-Unis)
  • 9 fevr 2016 (Japon)